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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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Une évocation du 13e arrondissement de 1860 aux années 30

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Le 13e dans la littérature

Littérature

LA PETITE MIETTE - 5

5

LA PETITE MIETTE

par
Eugène BONHOURE
(1889)


PREMIÈRE PARTIE


Histoire de trois enfants


II
Un jour de noces
(suite)

— C'est Mlle Marie qui n'a pas voulu de noce. Vous savez, elle est très simple, très modeste ; elle ne sortait pour ainsi dire jamais.

Ma blanchisseuse qui les a connues quand elles étaient encore riches, m'a raconté que l'année après la mort de son père, Mlle Marie avait dû se marier avec un beau jeune homme, riche, riche… Le contrat était passé... Voilà-t-il pas que le pauvre garçon se fait tuer raide, la veille de son mariage.

— Comment, tuer ? en duel ?

— Non… dans un accident de voiture. La pauvre fille en a été malade pendant longtemps, à ce qu'il parait. Il a fallu la distraire, la faire voyager. Rien n'y a fait. Quand elles sont revenues, de Bordeaux, je crois, ou de Pau, elle était pâle, maigre et triste qu'on aurait dit qu'elle ne passerait pas l'année. Mais à présent, elle va pouvoir se rattraper. Ah ! les voilà qui descendent pour aller à l'église.

— Dites donc ! il n'est pas joli, joli, le marié !

— Non, c'est vrai, mais il a l'air rudement content.

— Et la mariée, donc ? elle est superbe.

— Est-ce qu'ils vont revenir ici, après la messe ?

— Oui. La mariée vient changer de costume, pour partir après le repas. — Tiens ! qu'est-ce que c'est que ce particulier-là qui vient d'entrer avec son portefeuille sous le bras ?

— Ça ! fit le boucher… c'est quelque chose comme un huissier, pour sûr.

— Possible… il en venait de temps en temps chez la vieille.

— Ça serait drôle, une saisie le jour du mariage.

— Oh ! il n'y a pas de risque. La vieille est une pratique… elle a trouvé de l'argent... vous le savez bien, puisque nous sommes payés. Ce pantin-là vient pour toucher.

La conjecture était exacte... Le portefeuille en question contenait pour trois mille cinq cents francs de billets à ordre, signés veuve Duverdon. Et Mlle Sarah qui paraissait ravie du bonheur de sa maltresse, avait en ce moment une conversation fort vive avec le porteur, une espèce de bellâtre qui lui prenait la taille en faisant les yeux blancs.

— Voyons, M, Jules, finissez, disait Sarah. Donnez-moi les billets et parlons sérieusement.

— Voici les billets, belle enfant ; donnez-moi l'argent, s'il vous plaît, puisque vous l'avez.

— À quoi bon, puisqu'il est à moi. Ce n'est pas la peine que je vous le donne pour que vous me le rendiez.

— C'est comme il vous plaira, chère belle. Mais alors, il faudra donc que j'explique à Me Mâchefer, mon peu vénérable patron, comme quoi le vieux Mossé, porteur du billet, n'est que le prête-nom et l'homme de paille de Mlle Sarah Belledent, la servante modèle qui prête à sa maîtresse, à raison de vingt-cinq pour cent par trimestre, les petites économies qu'elle a faites sur l'anse du panier.

— C'est juste, répondit Sarah, qui se laissa prendre un baiser sur le cou sans en avoir l'air autrement émue. C'est juste, voici les trois mille cinq cents francs... Seulement j'irai les prendre demain chez Mossé.

— Cette confiance me flatte, chère amie, ricana M. Jules Valdonnier, tout en continuant à se permettre une foule de privautés de plus en plus pressantes sur la personne de Mlle Sarah qui paraissait trop préoccupée pour se scandaliser de ces licences. Seulement je me demande comment vous placerez désormais vos fonds, car le temps des intérêts à 75% est passé pour vous, désormais. Je sais bien que dans les maisons riches il y a de beaux grattages ; mais c'est encore chez les maîtres qui se ruinent que se font les meilleurs profits.

— Je n'ai pas l'intention de rester dans la maison, répondit la fille.

— Je pense bien que vous suivez votre jeune maîtresse ; mais est-ce que Mme Duverdon ne va pas demeurer chez son gendre ?

— Oh ! que si, par exemple ! Elle ne l'a épousé que pour ça.

— Mauvaise langue ! fit M. Jules d'une voix caressante.

— Sans doute ; je sais ce que je dis. Ce n'est pas Mlle Marie qui a épousé M. Reynaud ; c'est Mme Duverdon qui l'a bouclé. Mais ça ne fait rien, je ne compte pas entrer chez M. Reynaud.

— Vous avez donc une autre place ?

— Non, je quitte le service, voilà tout.

— Vous quittez le service ? Et quand ?

— Ce soir, probablement. Mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Voyons ! avez-vous fait les recherches dont je vous avais chargé ?

— Oui, certainement. Mais elles n'ont pas abouti à grand-chose. Mme veuve Coutard a quitté Bordeaux avec ses deux enfants depuis déjà trois mois et l'on ne sait ce qu'elle est devenue. Elle doit être morte car les personnes qu'elle devait voir à Paris n’ont pas eu de ses nouvelles.

— Ah ! c'est bien malheureux !

— Cela vous contrarie beaucoup, à ce que je vois.

— Oui, beaucoup. Mais vous êtes sûr.

— Pas précisément, même que je suis sur une piste… et peut-être pourrais-je arriver si je savais.

— Oui, je vous vois venir. Vous voulez être au courant de mes petites affaires. Mais finissez donc !

Et Sarah, se dégageant des mains indiscrètes de M. Jules prit un air sévère qui donna à sa physionomie naturellement peu engageante, une expression marquée de dureté.

— C'est comme il vous plaira, reprit M. Jules. Mais pour trouver il faut savoir. Cherchez, vous qui savez, moi j'y renonce.

Et, prenant à son tour un air fâché, M. Jules fit mine de se retirer.

Sarah le saisit par le bouton de sa jaquette et, le regardant entre les deux yeux :

— Vous avez trouvé, n'est-ce pas ?

— Ma fille, répondit avec sang-froid M. Jules, tu ne manques pas de dispositions. Tu possèdes le flair, l'intelligence, le sentiment…

— Voyons, assez de plaisanteries comme ça !

— Le sentiment des affaires. Mais c'est l'éducation qui te manque et l'instruction encore plus. Pour certaines entreprises, surtout, faut de l'instruction et même de l'instruction supérieure… la connaissance de la loi, par exemple.

— Ainsi vous croyez savoir ce dont il s'agit ?

— Aussi bien et mieux que toi, ma fille. Tu m'en as dit un peu ; en cherchant, j'en ai trouvé beaucoup, et ce n'est pas malin de deviner le reste. Seulement, je t'avertis : ça n'est pas aussi commode que tu m'as l'air de le croire. On se fait rouler gentiment quand on n'est pas ferrée sur le Code… Je ne veux pas marcher sur tes brisées et te faire concurrence. Mais si tu marches seule, tant pis pour toi. Quand tu auras manqué l'affaire, je la reprendrai. Maintenant veux-tu marcher ensemble, oui ou non ?

Sarah, sur le coup, eut un soubresaut de colère. Elle demeura un instant muette, les sourcils froncés, se mordant les lèvres.

M. Jules, d'un air narquois, enfermait dans sa serviette graisseuse, les billets de banque pliés dans un papier timbré. Enfin Sarah prit son parti et, se faisant tout à coup souriante.

— Voyons, avoue que tu sais où elles sont.

— Non ; parole d'honneur ; je ne le sais pas encore... mais je le saurai peut-être ce soir ou demain.

— Sûr ? je puis marcher ?

— Tu peux marcher ; mais…

Il la prit par le cou et dans une caresse sans gêne il lui souffla à l'oreille :

— Mais... nous marcherons ensemble n'est-ce pas ?... Tu t'en trouveras bien et puis, prends garde ! C'est raide, le coup que tu vas faire !... Le jour même de la noce. Il y a de quoi tuer une femme et un homme aussi, par dessus le marché.

Sarah haussa les épaules.

— Prends garde ! je te dis… c'est bien dangereux.

À ce moment, un coup de sonnette retentit.

Le 13e en littérature

La Butte-aux-Cailles

Le trésor caché

par
Charles Derennes

Depuis toujours on habitait, mon père et moi, sur la Butte-aux-Cailles ; encore aujourd'hui, ce quartier-là n'est guère pareil à tous les autres. Mais si vous l'aviez vu du temps que je vous parle ! Des cahutes s'accrochaient à la butte comme des boutons au nez d'un galeux ; ça grouillait de gosses et de chiens, de poux et de puces...

(1907)

Lire


La prairie de la Glacière

Sans Famille

par
Hector Malot

C’est un quartier peu connu des Parisiens que celui qui se trouve entre la Maison-Blanche et la Glacière ; on sait vaguement qu’il y a quelque part par là une petite vallée, mais comme la rivière qui l’arrose est la Bièvre, on dit et l’on croit que cette vallée est un des endroits les plus sales et les plus tristes de la banlieue de Paris. Il n’en est rien cependant, et l’endroit vaut mieux que sa réputation.

(1878)

Lire


La Butte-aux-Cailles

Bouscot

par
Gaston Chéreau

Il habitait tout là-bas, aux Gobelins, dans un pâté de bicoques en carton que bousculent des rues à noms magnifiques rue des Cinq-Diamants, rue de l'Espérance, rue de la Butte-aux-Cailles…

(1909)

Lire


Le quartier de la Gare

Un crime passionnel

par
J. H. Rosny

Je songe à l'histoire de la petite Jeannette, qui vivait dans le noble quartier de la Gare.

(1908)

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La rue Jonas

Zigomar - La femme rousse

par
Léon Sazie

L'antre de « la Baleine » donnait sur la rue Jonas, comme nous l'avons dit. Cette rue au nom biblique se trouvait dans un grouillement de petites voies étroites, courtes, basses, tortueuses, qui forment un coin à part dans ce quartier.

(1910)

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La Cité Jeanne d'Arc

Les mémoires de Rossignol

par
Rossignol

Ma « clientèle » de la rue Sainte-Marguerite disparaissait peu à peu. Elle s'était réfugiée cité Doré, qui donne rue Pinel et boulevard de la Gare, ou cité Jeanne-d'Arc, près de la rue Nationale, dans le treizième arrondissement.

(1894)

Lire


Les Gobelins

Zizine

par
Alexandre Arnoux

Dans le quartier des Gobelins, un gymnase. Des athlètes donnent une représentation suivie par une foule fervente. Dans cette foule un couple a attiré l’attention du narrateur. Elle, Zizine, femme superbe ; lui, petit, contrefait, douloureux. Milarot, champion du monde, est dans la salle.

(1938)

Lire

Un Treizième à découvrir dans...

Sans Famille

par
Hector Malot
(1878)

Zigomar - La femme rousse

par
Léon Sazie
(1910)

Bouscot

par
Gaston Chéreau
(1909)

Un crime passionnel

par
J. H. Rosny
(1908)

La prairie de la Glacière

C’est un quartier peu connu des Parisiens que celui qui se trouve entre la Maison-Blanche et la Glacière ; on sait vaguement qu’il y a quelque part par là une petite vallée, mais comme la rivière qui l’arrose est la Bièvre, on dit et l’on croit que cette vallée est un des endroits les plus sales et les plus tristes de la banlieue de Paris. Il n’en est rien cependant, et l’endroit vaut mieux que sa réputation.

La rue Jonas

L'antre de « la Baleine » donnait sur la rue Jonas, comme nous l'avons dit. Cette rue au nom biblique se trouvait dans un grouillement de petites voies étroites, courtes, basses, tortueuses, qui forment un coin à part dans ce quartier.

La Butte-aux-Cailles

Il habitait tout là-bas, aux Gobelins, dans un pâté de bicoques en carton que bousculent des rues à noms magnifiques rue des Cinq-Diamants, rue de l'Espérance, rue de la Butte-aux-Cailles…

Le quartier de la Gare

Je songe à l'histoire de la petite Jeannette, qui vivait dans le noble quartier de la Gare.


Les mémoires de Rossignol

par
Rossignol
(1894)


Le drageoir aux épices

par
Joris-Karl Huysmans
(1874)


Zizine

par
Alexandre Arnoux
(1938)


Le faiseur de momies

par
Georges Spitzmuller et Armand Le Gay
(1912)

La Cité Jeanne d'Arc

Ma « clientèle » de la rue Sainte-Marguerite disparaissait peu à peu. Elle s'était réfugiée cité Doré, qui donne rue Pinel et boulevard de la Gare, ou cité Jeanne-d'Arc, près de la rue Nationale, dans le treizième arrondissement.

La rue du Pot-au-Lait

Quelle rue étrange que cette rue du Pot-au-Lait ! déserte, étranglée, descendant par une pente rapide dans une grande voie inhabitée, aux pavés enchâssés dans la boue...

Les Gobelins

Dans le quartier des Gobelins, un gymnase. Des athlètes donnent une représentation suivie par une foule fervente. Dans cette foule un couple a attiré l’attention du narrateur. Elle, Zizine, femme superbe ; lui, petit, contrefait, douloureux. Milarot, champion du monde, est dans la salle.

La Folie Neubourg

Le promeneur qui remonte le boulevard Auguste-Blanqui dans la direction de la place d'Italie, est frappé par l'aspect pittoresque d'une vieille maison enclose dans le triangle formé par ce boulevard, la rue Edmond-Gondinet et la rue Corvisart.

Saviez-vous que... ?

En janvier 1904, la Préfecture de police interdisait à la « Goulue » (Mme Louise Weber épouse Droxeler), dont la ménagerie était installée boulevard Kellermann, de continuer ses exercices, tant qu'elle n'aurait pas procédé aux réparations qui lui avaient été prescrites. La sécurité des cages n'était pas, paraît-il, suffisante.

*
*     *

La rue Gustave Geffroy, avant de recevoir le nom de administrateur de la manufacture nationale des Gobelins, s'appela rue Léon Durand jusqu'en 1937. Cette rue fut créée en 1906.

*
*     *

C'est sur l'insistance d'Émile Deslandres représentant du 13e arrondissement que le conseil municipal de Paris accepta de conserver le nom cinq fois séculaire des Reculettes à la rue résultant de l'élargissement de cette ruelle si pittoresque.

*
*     *

C'est le 17 décembre 1897 que le sort du marché couvert de la place d'Italie fut scellé. Le conseil municipal de Paris approuva, ce jour, sa desaffectation et la création d'un marché découvert sur le boulevard d'Italie lequel, plus tard, prendra le nom de Blanqui.

L'image du jour

L'image du jour
Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte

HISTOIRE DES QUARTIERS

  • La Salpêtrière
  • La Gare
  • Maison Blanche
  • Croulebarbe

ACCES PAR NOM

  • Nomenclature des rues
  • Liste des auteurs

LES DRAMES DU 13e

  • Le drame de la rue Albert
  • Le drame de la rue de l'Espérance
  • Le drame de la rue Vandrezanne
  • Le drame du quartier de la Gare
  • Un drame du terme
  • Tous les drames...

LE TREIZIÈME AVANT LE 13e

  • Le Petit-Gentilly (1820)
  • De la difficulté d’être le treizième arrondissement
  • La bergère d'Ivry (1827)
  • L'abattoir de Villejuif (1812)
  • Sommaire complet

LE TREIZIÈME EN 1860

  • Notice administrative, historique et municipale sur le XIIIe Arrondissement par Ph. Doré fils

ACCÈS THÉMATIQUES

  • L'aménagement du 13e
  • Les grandes voies du 13e
  • La petite ceinture dans le 13e
  • Le Métropolitain dans le 13e
  • Les tramways dans le 13e
  • La gare d'Austerlitz
  • Le puits artésien de la Butte-aux-Cailles
  • La place d'Italie
  • La cité Doré
  • La cité Jeanne d'Arc
  • Le passage Moret
  • L'asile Nicolas-Flamel
  • Les hôpitaux de la Pitié et de la Salpêtrière
  • Les fouilles archéologiques dans le 13e
  • Le Siège de Paris (1870-71)
  • Le 13e sous la Commune
  • La catastrophe de la rue de Tolbiac (20 oct. 1915)
  • Le jardin des Gobelins
  • La manufacture des Gobelins
  • La "Folie Neubourg"
  • Le marché aux chevaux
  • Les grandes eaux du boulevard Kellermann
  • Ateliers, fabriques et petits métiers du XIIIe
  • Chiffons et chiffonniers
  • Bals de Paris, bals de barrière, cabarets, bouges et assommoirs
  • L'épidémie de la Maison-Blanche (1890)
  • Les étrangleurs des Gobelins
  • Sur les communes limitrophes
  • La zone dans le 13e

VIDÉOS

  • Auguste Lançon et le 13e
  • Marville, la rue de Tolbiac
  • Quai de la Gare, janvier 1910
  • La place Nationale
  • Le marché aux chevaux

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Les feuilletons de paris-treizieme.fr

  • Assassins !!!
  • Le cadavre de la Maison-Blanche

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