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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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Une évocation du 13e arrondissement de 1860 aux années 30

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Faits divers

Faits divers

FAITS-DIVERS

Faits divers

Les escroqueries d'une jolie fille

1897

Le commissaire de police du quartier de la Maison-Blanche vient d'arrêter une fort jolie fille de vingt ans, Olga Régier, qui, en moins d'un an, a commis des vols pour une trentaine de mille francs, en usant de moyens assez curieux.

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Quartier de la Salpêtrière

Une tragédie passage Doré

1908

Non loin de l'emplacement où s'ouvrira bientôt le nouvel hôpital de la Pitié, dans le treizième arrondissement de Paris, se trouve une petite cité ouvrière, le passage Doré, qui forme le prolongement de la rue Louis-Français et qui vient aboutir rue Jenner.

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avenue des Gobelins

Boutique mise à sac

1896

M. Chevallier, horloger-bijoutier, établi 40, avenue des Gobelins, à côté du poste de police, fait actuellement ses treize jours à Chartres.

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Quartier de la Gare

Le meurtre de la rue des Chamalliards

1887

Ce crime horrible a produit, dans ce quartier si populeux, une émotion des plus vives.
Les époux Madelenat habitaient rue des Chamaillards, 80, depuis quelques mois seulement.
Le mari, Charles-Émile Madelenat, était âgé de trente-et-un ans ; sa femme. Marie Désirée Ticquet, avait le même âge que lui.

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M. Perruche, commissaire

M. Perruche et le perroquet

1896

La propriétaire du perroquet s’aperçut peu après de la disparition de l’oiseau et, croyant qu'il s’était échappé, alla eu informer M. Perruche, commissaire de police.

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L'Assassinat de la rue Tiers - L’Intransigeant — 16 avril 1889

L'Assassinat de la rue Tiers

L’Intransigeant — 16 avril 1889

Encore une fille publique assassinée. — Mobile inconnu. — La Chinoise et la Boiteuse. — La maison du danseur. — Le « coup du père François ». Notre enquête

La rue Tiers est une petite rue sale et tortueuse, située dans le quartier de la Maison-Blanche, derrière la place d’Italie. Au numéro 15 se trouve une vieille maison délabrée, sans, étage, et qui est occupée par un débit de vin tenu par les époux Frisch. A droite du débit, un couloir donne dans une petite cour très sombre, sur laquelle s’ouvrent quatre cabinets que les débitants louent à des filles moyennant un franc par jour.

Le n°1 de la rue Tiers avec vue sur la rue Gérard
Détail d'une photographie d'Henri Godefroy prise en 1895 en prévision du percement de la rue Bobillot.

Le premier de ces cabinets était occupé par une nommée Marie Wilhem, grosse gaillarde de vingt-cinq ans, au teint jaunâtre, et dont les yeux étaient retroussés aux commissures des paupières. Ses compagnes de débauche l’avaient, à ce sujet, surnommée la Chinoise.

Ce n’était pas la première fois que Marie Wilhem demeurait dans cette maison. Jadis elle y avait été entretenue par un homme marié, mais ce dernier n’avait pas hésité à l’abandonner, à cause de sa dépravation et de ses habitudes d’ivrognerie. Inscrite sur les registres sanitaires de la préfecture de police, la Chinoise avait subi trois condamnations, dont une pour vol.

La Boiteuse

Sa situation était des plus misérables. Elle n’avait pas un sou d’économies et le mobilier de sa chambre se composait, en tout et pour tout, d’une sorte de grabat, d’une commode et d’une chaise.

La Chinoise avait comme amie intime une autre fille nommée Constance Ledouarnin, âgée de trente-huit ans, et demeurant au numéro 10 de la même rue. Cette dernière, qu’on connaissait dans le quartier sous le surnom de la Boiteuse, à cause d’une claudication de la jambe, droite, lui servait anssi de proxénète.

Marie Wilhem était ce qu’on appelle, dans l’argot de son monde, une « dégringoleuse de pantes ». Elle faisait payer ses clients d’avance et refusait ensuite de se livrer à eux ; ou bien encore, elle leur enlevait prestement leur porte-monnaie, quand elle les avait amenés chez-elle.

Pour une bougie !

Avant-hier soir, vers sept heures, elle arriva devant le couloir, accompagnée d’un homme. La nuit était-tombée :

— Je n’ai pas de bougie, lui dit-elle, donne-moi de quoi en acheter.

L’homme lui remit vingt sous. Elle entra chez un épicier du voisinage et, quand elle revint, une discussion s’éleva entre elle et son amant de rencontre, à qui elle refusait de rendre la monnaie. Des voisins intervinrent, et l’homme s’éloigna en proférant des menaces.

Vers une heure du matin, la nuit dernière, elle se trouvait avec la Boiteuse et deux hommes, 2, place d’Italie, dans un bouge appelé la Maison du Danseur. Tous quatre étaient ivres. Ils sortirent peu après et une dispute violente s’éleva entre eux sur la question de savoir comment se formeraient les couples, les deux femmes voulant emmener le même individu. Au bruit, des agents arrivèrent et mirent la Boiteuse en état d’arrestation, tandis que la Chinoise prenait la fuite. A deux heures, on la retrouve avec un inconnu dans un débit situé au numéro 11 de la rue Tiers. Il a été impossible d’établir jusqu’ici si cet individu était l’un des deux hommes avec qui elle avait bu à la Maison du Danseur ou bien l’homme à la bougie. Ensuite on perd sa trace.

Découverte du crime

Hier matin, à sept heures, la logeuse, passant dans le couloir, vit la porte de sa chambre entr’ouverte et fut étonnée de n’entendre aucun bruit, la fille WiIhem faisant ordinairement dès son réveil un tapage dont se plaignaient les autres locataires. Elle entra et vit la Chinoise étendue, tout de son long, au milieu de la chambre, la tête appuyée sur sa main et semblant dormir, tout habillée.

La logeuse, croyant qu’elle s’était endormie en état d’ivresse sans avoir eu le temps de quitter ses vêtements, s’approcha d’elle et essaya de la transporter sur le lit. Le corps était encore souple et chaud. Ne pouvant la transporter seule, la logeuse, ne soupçonnant pas encore le meurtre commis, alla chercher une voisine pour l’aider.

— Bah ! répondit celle-ci elle est pocharde ; laissez-la cuver tranquillement son vin, il y a un dieu pour les ivrognes !

Cependant, sur les instances de la logeuse, elle vint à son tour dans la chambre de la Chinoise. Les deux femmes, en transportant Marie Wilhem sur son lit, s’aperçurent qu’elle avait cessé de vivre : elle portait accoudes traces qui établissaient qu’elle, avait été étranglée après une courte lutte.

L’enquête

M. Debeury, commissaire de police du quartier, fut aussitôt prévenu et se rendit sur les lieux accompagné d’un médecin. Ces messieurs furent, bientôt, rejoints par M. Goron, chef de la Sûreté, Gaillarde et Bourrelet, inspecteurs.

Le médecin constata, autour du cou, une longue ligne noire. Au pied du lit gisait une ficelle qui avait dû servir à accomplir le meurtre. L’assassin avait dû tuer sa victime en lui faisant le « coup du père François » et les traces d’ongles provenaient de Marie Wilhem elle-même, qui s’était débattue et dans la courte lutte avait également arraché sa poche.

Son amie, Constance Ledouarnin, fut interrogée au poste où elle avait été menée pendant la nuit. Elle déclara que la Chinoise lui avait dit la veille au soir qu’elle n’avait sur elle que trois francs. Or, cette somme a été retrouvée dans son bas avec sa carte.

Le vol n’a donc pu être le mobile du crime.

Marie Wilhem, a-t-elle été tuée par « l’homme à la bougie ? » Ou bien par un individu qu’elle a emmené chez elle et auquel elle a voulu enlever, le porte-monnaie ? Il est à souhaiter que l’enquête l’établisse. En tout cas, la police recherche activement tous ceux avec qui s’est rencontrée la victime la veille, le soir ou la nuit.

Ph. Dubois.


Le crime de la rue Tiers

(Selon les journaux, les noms et prénoms des protagonistes de cette affaire ont varié de même que l'orthographe de ceux-ci. Le choix a été fait de conserver l'orthographe retenue par les journaux reproduits.)

 

15 avril 1889

  • Le Matin
  • Le Gaulois

16 avril 1889

  • Le XIXe Siècle
  • L'Intransigeant

17 avril 1889

  • Paris
  • La Justice

18 avril 1889

  • Le Siècle
  • Le Petit Parisien

19 avril 1889

  • Le Rappel
  • Le Gil-Blas

20 avril 1889

  • Le Gil-Blas
  • Le Réveil

21 avril 1889

  • Le Gaulois
  • Le Siècle

22 avril 1889

  • Le Réveil
  • La Petite République

23 avril 1889

  • Le XIXe Siècle
  • L'Autorité

24 avril 1889

  • Le Matin
  • Le Siècle

25 avril 1889

  • Le Rappel
  • L’Évènement

26 avril 1889

  • Le Petit-Parisien
  • Le Progrès de la Somme

Postérieurement aux articles parus dans les numéros datés du 26 avril 1889, plus aucun journal ne mentionna l'affaire, ni les noms de Marie Wilhelm, de Leroy ou de Greliche. La chronique judiciaire ne mentionna pas de passage de quiconque devant la Cour d'assises de la Seine pour le meurtre de Marie Wilhelm. Les archives de Paris qui détiennent les dossiers de procédures devant les assises ne mentionnent pas, dans leur inventaire, d'affaire évoquant ces faits.
Seul l'ouvrage "La police de sûreté en 1889" par Horace Valbel publié au fil de l'eau dans le quotidien "La Petite République" et repris en volume en octobre contient, à l'occasion du panégérique consacré à l'inspecteur Barbaste, un résumé des faits qu'il présente comme l' "affaire Leroy-Greliche". Toutefois, ce résumé ne comprend aucun élément nouveau par rapport à ceux révélés par les journaux à la date du 26 avril. On le lira ci-dessous dans les annexes.
M. Goron, lui-même, dans ses mémoires semble n'avoir fait aucune allusion à cette affaire.
On lira aussi une intéressante chronique parue le 21 avril 1889, avant donc la conclusion ou plutôt l'absence de conclusion de l'affaire, dans le quotidien Paris relative au traitement de cette affaire par la presse.


Annexes

  • La police de sûreté en 1889 : L'affaire "Leroy-Greliche"
  • Les antécédents de Marie Wilhelm
  • Chronique : La Chinoise

À lire également...

Près de l'avenue d'Italie

Un drame rue de la Maison-Blanche

1897

Plusieurs individus étaient attablés, avant- hier soir, dans un débit de vin, tenu, rue de la Maison-Blanche, par un nommé Louis P. Une querelle s'éleva entre les consommateurs.

...


Grave affaire de fraude dans le quartier Croulebarbe

1904

Les sels dénaturés utilisés par les tanneurs de la Bièvre servaient ensuite pour la confection des glaces, sorbets et gaufrettes

...


Quartier de la Gare

Un Drame du terme

1902

Entre la rue Nationale et la rue Jeanne-d'Arc, dans le quartier de la Gare, serpente un passage qui coupe la cité Jeanne-d'Arc. De chaque côté sont de hautes maisons, aux étages bas, aux fenêtres étroites, où grouille une population de chiffonniers, de mendiants, de gens sans aveu.

...


Porte d'Italie

Une fuite d'eau

1885

Grand émoi avant hier à la barrière d'Italie, parmi les personnes qui stationnaient dans le bureau de tramways faisant le service de Cluny à Bicêtre.

...

Saviez-vous que... ?

En janvier 1904, la Préfecture de police interdisait à la « Goulue » (Mme Louise Weber épouse Droxeler), dont la ménagerie était installée boulevard Kellermann, de continuer ses exercices, tant qu'elle n'aurait pas procédé aux réparations qui lui avaient été prescrites. La sécurité des cages n'était pas, paraît-il, suffisante.

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*     *

Le pont National a été construit en 1852. Il portait initialement le nom de pont Napoléon III.

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*     *

En 1920, on pouvait trouver un avertisseur public d''incendie à l'angle des rues Watt et du Chevaleret ainsi qu'au 31 quai de la Gare.

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Henri Pape (1789-1875), dont une rue du quartier Maison-Blanche honore la mémoire, était fabricant de pianos. Selon Wikipédia, Henri Pape déposa 137 brevets concernant le piano. Il sera par exemple à l'origine de la garniture des marteaux avec du feutre (1826) et du croisement des cordes, tendues en diagonale, les cordes graves passant au-dessus du plan des autres cordes, afin d'augmenter leur longueur (1828).

L'image du jour

L'image du jour
Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte

HISTOIRE DES QUARTIERS

  • La Salpêtrière
  • La Gare
  • Maison Blanche
  • Croulebarbe

ACCES PAR NOM

  • Nomenclature des rues
  • Liste des auteurs

LES DRAMES DU 13e

  • Le drame de la rue Albert
  • Le drame de la rue de l'Espérance
  • Le drame de la rue Vandrezanne
  • Le drame du quartier de la Gare
  • Un drame du terme
  • Tous les drames...

LE TREIZIÈME AVANT LE 13e

  • Le Petit-Gentilly (1820)
  • De la difficulté d’être le treizième arrondissement
  • La bergère d'Ivry (1827)
  • L'abattoir de Villejuif (1812)
  • Sommaire complet

LE TREIZIÈME EN 1860

  • Notice administrative, historique et municipale sur le XIIIe Arrondissement par Ph. Doré fils

ACCÈS THÉMATIQUES

  • L'aménagement du 13e
  • Les grandes voies du 13e
  • La petite ceinture dans le 13e
  • Le Métropolitain dans le 13e
  • Les tramways dans le 13e
  • La gare d'Austerlitz
  • Le puits artésien de la Butte-aux-Cailles
  • La place d'Italie
  • La cité Doré
  • La cité Jeanne d'Arc
  • Le passage Moret
  • L'asile Nicolas-Flamel
  • Les hôpitaux de la Pitié et de la Salpêtrière
  • Les fouilles archéologiques dans le 13e
  • Le Siège de Paris (1870-71)
  • Le 13e sous la Commune
  • La catastrophe de la rue de Tolbiac (20 oct. 1915)
  • Le jardin des Gobelins
  • La manufacture des Gobelins
  • La "Folie Neubourg"
  • Le marché aux chevaux
  • Les grandes eaux du boulevard Kellermann
  • Ateliers, fabriques et petits métiers du XIIIe
  • Chiffons et chiffonniers
  • Bals de Paris, bals de barrière, cabarets, bouges et assommoirs
  • L'épidémie de la Maison-Blanche (1890)
  • Les étrangleurs des Gobelins
  • Sur les communes limitrophes
  • La zone dans le 13e

VIDÉOS

  • Auguste Lançon et le 13e
  • Marville, la rue de Tolbiac
  • Quai de la Gare, janvier 1910
  • La place Nationale
  • Le marché aux chevaux

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  • Assassins !!!
  • Le cadavre de la Maison-Blanche

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