Dans la presse...

 La profession de cambrurier - 1901

La profession de cambrurier

Le Journal — 9 août 1901

Deux commis voyageurs, arrêtés hier après-midi dans un bar de la rue de Tolbiac, discutaient devant les deux bocks qu’ils avaient commandés pour étancher leur soif.

Bientôt la discussion s'envenima à un tel point qu'après des injures des coups allaient certainement être échangés, si de nombreux curieux que les éclats de voix avaient attirés n'avaient séparé les deux hommes.

« Oui, criait l’un, tu ne sais pas ce que tu dis, Paris a de ces surprises et tu es si peu intelligent que tu peux ignorer ce que c'est qu'un cambrurier. Mais moi je le sais... C'est écrit. Lis donc ça, tu t'instruiras. » Et, à l'appui de son dire, il développait un journal du soir dans lequel on pouvait lire, sous le titre « Les drames du jour » : « L’homme et la femme exercent la profession de cambrurier. On ignore généralement quel est ce métier. Il consiste tout simplement à polir des rails de chemin de fer avec du papier de verre, et les ouvriers qui se livrent à ce travail gagnent vingt centimes par mètre de rail poli. »

Ce fut alors un long éclat de rire d’autant plus prolongé que quelques cambruriers, employés comme on le sait à former la cambrure des souliers, au moyen d'outils spéciaux dans différentes fabriques de chaussures, se trouvaient mêlés à la foule.

La définition bizarre de ce métier très répondu dans ce quartier n'a d'ailleurs pas tardé à circuler et partout on faisait des gorges chaudes de l'explication du commis voyageur qui, rendu à l’évidence, ne savait comment se tirer honorablement d'une situation qui l'avait rendu ridicule.


Les recherches en vue d'identifier le journal du soir qui aurait donné une si drôlatique définition de la profession de cambrurier sont restées vaines. En revanche, il exact que la profession de cambruriers était bien représentée dans le XIIIe arrondissement où l'industrie de la chaussure était fortement implantée avec par exemple l'usine Savart rue Rubens, des ateliers d'habillement militaire du côté de la rue Croulebarbe ou encore des usines boulevard Kellermann à proximité de la porte d'Italie.
La publication ci-après reproduite témoigne de l'importance de la profession de cambrurier en remarquant au passage, que c'est une autre définition, la vraie cette fois, qui est ici donnée.
Le cambrurier intervient lorsque la chaussure est si usée qu'elle ne peut plus être revendue d'occasion par les chiffonniers ou les brocanteurs.


Bulletin coopératif

Les ouvriers cambruriers

La Presse — 6 juin 1895

L'Union syndicale des ouvriers cambruriers de la Seine vient de tenir, salle Jeanne-d'Arc, rue Dunois, 45, son assemblée générale.

Un grand nombre d'ouvriers de la corporation se sont rendus à l'appel de M. Ratier, organisateur et secrétaire du syndicat.

Il s'agissait d'élaborer le programme des revendications qui vont être soumises aux patrons.

La chambre syndicale, reconstituée il y a à peine quatre mois, compte déjà plus de 150 membres étroitement unis et désireux de réagir contre l'indifférence qu'ils ont trop longtemps montrée.

Un des principaux desiderata a été présenté aux patrons. On leur demandait de payer la huitaine aux ouvriers qu'ils congédient sur-le-champ sans grief plausible, attendu que les cambruriers, étant représentés au conseil des prud'hommes, doivent être considérés comme ouvriers et non assimilés aux hommes de peine.

Le syndicat n'a pu obtenir satisfaction sur ce point ; mais les patrons y consentiront quand ils sauront que les ouvriers sont décidés à cesser le travail s'ils n'obtiennent pas gain de cause dans leurs légitimes réclamations.

La profession de cambrurier est peu connue du public, car elle ne compte dans Paris et la Banlieue que 500 ouvriers dont la besogne consiste à déclouer les vieilles chaussures pour en tirer le cuir avec lequel certains manufacturiers confectionnent les chaussures à bon marché. Ce travail, assez pénible, est dérisoirement rémunéré. Les ouvriers les plus habiles ne reçoivent qu'un salaire de 4 fr. par jour.

C'est cette situation qu'ont tour à tour exposée MM. Ratier, Corties, Combet et Le Mahot, dans leurs éloquents discours, à la réunion qu'a présidée M. Antoine.

Vauthier-Bay.

Adresser toutes les lettres et communications à M. Vauthier-Bay, aux bureaux du journal, 12, rue du Croissant.



Dans la presse...


Le monument aux mères françaises est présenté la presse

Aujourd'hui, à 10 heures, sera présenté à la presse, boulevard Kellermann, le monument élevé à la gloire des mères françaises, sous le patronage du Matin, qui sera inauguré le 23 octobre, à 14 h 30 en présence du président de la République et des plus hautes personnalités. (1938)

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La mort de M. Curie

Les obsèques de M. Curie ont été célébrées, hier, avec la plus grande simplicité et sans aucune cérémonie.
Dès trois heures arrivèrent à la maison mortuaire, 108, boulevard Kellermann, des professeurs de la Sorbonne et du Collège de France, ainsi que des membres de l'Institut. Tour à tour ils pénétraient dans la petite maison... (1906)

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Les transformations de Paris

L'administration vient de faire déposer à la mairie 13e arrondissement le plan parcellaire des propriétés dont la cession est nécessaire en tout ou en partie pour exécuter :
1° L'élargissement à 40 mètres de la rue Mouffetard, entre le boulevard Saint-Marcel et les boulevards d'Italie et de l'Hôpital ;
2° La transformation de la place d'Italie, entre la rue Mouffetard et les boulevards de la Gare et d'Italie ;
3° L'ouverture, entre cette place et la Gentilly, d'un boulevard de 34 mètres de largeur, donnant à l'ouest le pendant du boulevard de l'Hôpital. (1867)

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Logements à bon marché

Paris nous réserve toutes les surprises, et ses historiens, malgré leurs patientes recherches, n'arrivent que difficilement à nous signaler les faits bizarres, les trouvailles imprévues que les faits-divers nous révèlent chaque jour et par hasard.
On vient de découvrir qu'en plein cœur de la capitale il existe une maison habitée par une cinquantaine de locataires depuis plus de vingt ans et que cet immeuble n'a ni propriétaire ni concierge. (1896)

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La maison sans maître

Tout au bout de l'avenue d'Ivry, près des fortifications, se trouve une impasse dont l'accès est si étroit, qu'aucun véhicule n'y peut pénétrer sans raser et détériorer les murailles des maisons qui la bordent ; c'est le passage d'Ivry.
Tout au fond de ce passage se dresse une maison branlante, dont l'histoire est bien extraordinaire. (1904)

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Saviez-vous que... ?

Le 2 décembre 1923, le quotidien Paris-Soir rapportait qu'avenue des Gobelins, en face du 51, des agents avaient surpris Marcel Popinel, demeurant en hôtel, rue Lebrun, qui avait percé un fut de vin. Le pipeur a été conduit au commissariat de police du quartier.

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Le lundi 6 mai 1878, le cardinal-archevêque de Paris visita et bénit à trois heures, la nouvelle crèche fondée rue de la Glacière, 41, et confiée aux sœurs de Saint-Vincent-de-Paul. Le maire de l'arrondissement, M. Duplessis, et plus de deux cents personnes assistèrent à cette touchante cérémonie.

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La ruelle des Reculettes reliait le 49 de la rue Croulebarbe au 28 de la rue Abel-Hovelacque, ancienne rue de Gentilly. Sa largeur variait de 2 à 7 mètres. Elle était éclairée par des quinquets. Sa suppression fut décidée en 1910 mais celle-ci ne fut totalement effective que dans les années trente...

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C'est en 1880 que commencèrent les travaux de construction de la gare de La Glacière-Gentilly sur la petite ceinture parallèlement à ceux de la gare de Grenelle.

L'image du jour

Bastion 91 boulevard Masséna

Situé entre les portes d'Ivry et de Vitry, le site du bastion 91 est aujourd'hui occupé par la caserne de pompiers Masséna.