Un jour dans le 13e

 À la poterne des Peupliers

À la poterne des Peupliers

Le Gaulois — 6 novembre 1870

Le 19e bataillon de la garde nationale est chargé du service du Bastion 85, 8e secteur ; un des postes occupés par lui est situé à la poterne des Peupliers, en face de Gentilly, à l'endroit où la Bièvre entrait dans Paris par une voûte aujourd'hui presque entièrement fermée.

L'enceinte fortifiée au sud de Paris - Bastions 84 à 89 (plan établi vers 1870)

Le cours de cette petite rivière a été tellement obstrué qu'il s'est formé en dehors de Paris, dans les prairies avoisinantes, une petite inondation formant une sorte de lac, lequel se déverse en partie dans les fossés des remparts. Il résulte de cette inondation factice des infiltrations dans les maisons des environs et notamment dans celle où se trouve le poste de la garde nationale. Aussi, cette nuit, ouvrait-on de demi-heure en demi-heure une trappe afin de surveiller le flot qui montait, montait toujours.

Nos braves gardes nationaux veulent bien aller au feu, mais ils craignent l'eau, paraît-il ; seulement cette inquiétude n'avait en vue que de préserver une poudrière avoisinante des suites de cette petite inondation si cela devenait nécessaire, et cela ne l'a pas été, heureusement jusqu'ici.

(Le titre a été ajouté.)
Destruction des habitations au bors de la Bièvre près du bastion 85 — Dessin d'Auguste Lançon — vue en direction de Gentilly dont on reconnait le clocher de l'église


Saviez-vous que... ?

En 1890, la raffinerie de sucre Say dite "Raffinerie de la Jamaïque", installée boulevard de la Gare, produisait 20.000 pains de sucre par jour soit 240.000 kilogrammes.

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La Bièvre descend des plateaux de Satory, arrose Buc, Jouy, Igny, Verrières, la Croix de Berny, Antony, Bourg-la-Reine, Arcueil,Gentilly et pénètrait dans l'enceinte fortifiée de Paris par deux ouvertures entre les bastions. Ses deux bras serpentaient ensuite dans les prés de la Glacière et enclosaient ces terrains submersibles qui étaient autrefois le seul skating ring des Parisiens.

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Le 3 octobre 1923, à 9 h30, le laboratoire municipal faisait enlever un obus de 37 en face du 88 de la rue de la Glacière.

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En janvier 1903, le quotidien Le Français s’étonnait que des rues de Paris étaient encore éclairées par des quinquets et signalait que M. Henri Rousselle, conseiller municipal du quartier de la Maison-Blanche, avait déposé une proposition pour demander l'éclairage au gaz de la rue Vergniaud, voie reliant le boulevard d’Italie à la rue de Tolbiac, à peine praticable dès la tombée de la nuit, en raison de l’obscurité qui y régnait. Les six lampes à huile qui s'y trouvaient, ne donnaient en effet qu’un faible éclat et de nombreux accidents se produisaient journellement par suite du manque de lumière.
La dépense était évaluée à deux mille six cent deux francs.

L'image du jour

Eugène Atget - Bastion 87 boulevard Kellermann

La photographie a été prise en 1915.