Un jour dans le 13e

paris-treizieme.fr — La catastrophe de la rue de Tolbiac (octobre 1915)

Funèbre défilé à la morgue

Le Petit-Parisien — 21 octobre 1915

À cinq heures, exactement, les grilles de la morgue, auprès de laquelle un discret service d'ordre avait été organisé, donnèrent passage au premier fourgon des pompes funèbres, réquisitionné pour le transport des victimes. La lourde et sombre voiture entrait au pus des deux robustes chevaux qui la tiraient et venait se ranger au fond d'une petite cour toute grise où des hommes, la lance en mains, s'apprêtaient à asperger les cadavres pour les nettoyer et aider à leur identification.

Le corps ainsi amené était celui d'une jeune femme blonde, fine et jolie. Ses vêtements, déchiquetés, apparurent comme trempés de sang. Elle avait reçu plus de vingt blessures. De son sein droit, on retira un objet en fer qui avait pénétré de plusieurs centimètres en pleine chair. Dans l’amas sanglant qu'offrait, aux regards épouvantés, ce corps jeune, une main blanche, toute blanche, miraculeusement indemne de toute souillure, se crispait encore sur une lettre signée Jeanne et que l'infortunée, sans doute, lisait au moment où se produisit l'épouvantable catastrophe.

Plusieurs femmes, dont on a pu prendre le signalement précis de la tête, du corps, des vêtements, sont mises en bière, ainsi que quatre troncs de femmes et deux troncs d'hommes. rendus méconnaissables par les brûlures. Une seule femme a été reconnue à son arrivée, Mme Mocresset.

Le préfet de police, accompagné de MM. Paoli, secrétaire général Mouton, directeur de la police judiciaire; Guichard. directeur adjoint de la police municipale, vint saluer les victimes, qu'il assimila, dans un sobre et noble langage, à celles qui tombent pour la défense de la patrie. Le préfet de police demanda que tous les corps des victimes fussent exposés dans la salle des familles afin que les parents, les amis des défunts, pussent, dès neuf heures, défiler devant les cercueils.

On aligna ceux-ci avec précaution, dans cette petite salle toute blanche, sur deux rangées.

La petite salle, avec ses cercueils qui apparaissaient petits, drapés de blanc, ressemblait à un dortoir — à un dortoir où l'on se repose pour toujours…

Transformée en chapelle ardente, ornée de plantes vertes, de fleurs offertes spontanément par des personnes qui vinrent, furtives, accomplir cet acte de piété, la petite salle, avec ses cercueils qui apparaissaient petits, drapés de blanc, ressemblait à un dortoir — à un dortoir où l'on se repose pour toujours…

À dix heures, le préfet de police vint, une fois encore, donner quelques ordres relatifs à la visite des familles, qui pourront venir aujourd'hui, à la morgue, à partir de neuf heures. Il insista particulièrement sur la liste à dresser des domiciles et hôpitaux où se trouvent les blessés, afin que le Président de la République soit aujourd'hui, à la première heure, en mesure de leur rendre visite, ainsi qu'il l'a fait annoncer.

À dix heures un quart, M. Delavenne, conseiller municipal, s'informait, par téléphone, pour savoir si, au nombre des victimes, se trouvait M. Thomine. contremaître de l'usine. Déjà, dans l'après-midi, était venu, lui-même, pour lâcher de l'identifier, mais il n'avait pu se prononcer.


A L'HÔTEL DE VILLE

Dès l'annonce de la catastrophe. M. Adrien Mithouard, président du conseil municipal, s'était rendu, nous l'avons dit, sur les lieux.

À son retour à l'Hôtel de Ville, il a réuni les membres du bureau qui ont voté les fonds nécessaires aux premiers secours à accorder aux blessés et aux faillée des victimes.

Le président du conseil municipal aura une entrevue, aujourd'hui, avec M. Albert Thomas.

La catastrophe de la rue de Tolbiac - 20 octobre 1915


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10 décembre


L'accident du 23 juillet 1915

Saviez-vous que... ?

En janvier 1904, la Préfecture de police interdisait à la « Goulue » (Mme Louise Weber épouse Droxeler), dont la ménagerie était installée boulevard Kellermann, de continuer ses exercices, tant qu'elle n'aurait pas procédé aux réparations qui lui avaient été prescrites. La sécurité des cages n'était pas, paraît-il, suffisante.

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Le moulin de Croulebarbe qui disparut en 1840, avait une existence attestée depuis 1214.

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Le pont de Tolbiac franchissant les voies de chemin de fer de la compagnie d'Orléans avait été inauguré le 15 juillet 1895 en présence du Président de la République, M. Félix Faure, qui, à cette occasion, dit quelques mots aimables.
Ce pont entièrement métallique, mis à part la chaussée, mesurait 162 mètres de longueur en trois travées de 51 mètres, 60 et 51 mètres.

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C'est par un décret impérial du 2 octobre 1865 que le boulevard de Vitry devint la rue de Patay.

L'image du jour

L'image du jour
Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.