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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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Une évocation du 13e arrondissement de 1860 aux années 30

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Le 13e dans la littérature

Littérature

Le 13e en littérature

La cité Doré

Coeur d'enfant

par
Charles de Vitis

À la hauteur de la place Pinel et de l’abattoir, entre le boulevard de la Gare et le boulevard de l’Hôpital, s'étend un vaste terrain qui est loué par bail à divers locataires. Le type même de la saleté et de la misère imprévoyante se trouve dans le rassemblement de masures, coupé de ruelles en zigzag et qu’un hasard ironique fait appeler cité Doré. Les cours des miracles devaient être ainsi.

(1899)

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Le marché aux chevaux

La maison Philibert

par
Jean Lorrain

Le Marché aux chevaux du boulevard de l’Hôpital, derrière la gare d’Orléans, sa grande cour pavée enclose de grilles dominant en terrasse le boulevard Saint-Marcel, son mouvement, ces allées perpétuelles de bêtes et de gens d’écuries, ces groupes de gros maquignons ventrus...

(1904)

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Refuge Nicolas Flamel

Enfants perdus

par
Léo Larguier

L'après-midi de ce jour d'hiver était tragique sur ce coin — le plus désolé de Paris - qui est entre les Gobelins et la rue du Château-des-Rentiers. Une femme en toilette eût détonné là, mais le clochard aux frusques usées y était parfaitement à sa place.

(1931)

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La Butte aux-Cailles

Les Loups de Paris

par
Jules Lermina

Il est sur la rive gauche de la Seine, au-delà de la rue Mouffetard et de la Montagne-Sainte-Geneviève, un lieu étrange, sauvage...

(1877)

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En remontant le boulevard de l'Hôpital

La petite Miette

par
Eugène Bonhoure

Ce jour-là, 3 octobre 1886, le train express de Bordeaux — deuxièmes et troisièmes classes — avait eu plus d'une heure de retard et le service de l'arrivée s'en ressentait...

(1889)

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La rue des Cinq-diamants

La criminelle

par
Jules Lermina

Un plus érudit découvrira l'origine de ce nom singulier, la rue des Cinq-Diamants.
L'étude consciencieuse qui a été faite pour le vieux Paris tentera quelque explorateur des anciennes banlieues annexées : et quel champ plus vaste sera offert à sa curiosité que l'étrange et hideux quartier de la Butte-aux-Cailles ?

(1881)

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La Butte-aux-Cailles

Les apaches de la Butte-aux-Cailles

par
Lucien Victor-Meunier

Très peu de Parisiens, assurément, connaissent la « Butte-aux-Cailles ». C'est très loin, très loin, passé la place d'Italie, au diable dans ces régions où l'on ne va pas...

(1907)

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A. Brepson - Un gosse - 18

Chez les biffins

"Un gosse"

roman par Auguste Brepson

Extrait précédent

 

Deuxième partie

II

Devant chez nous logeait également un couple de biffins. Ils s'appelaient Laurent. La femme était une commère massive et courte dont la joue couverte d'une large tache de vin rappelait une tartine de framboise. Elle avait des cheveux rares tirés vers le sommet du crâne par un petit chignon, des yeux toujours larmoyants, un ventre en pointe et de lourdes mamelles qui tremblotaient sous le caraco comme de la gélatine.

L'homme, au contraire, était un grand sec, aux cheveux bouclés débordant une vieille casquette de soie et aux petits yeux de lézard dans un visage bistre. Il avait un long cou avec une pomme d'Adam très en relief et d'une mobilité extrême : elle descendait et remontait sans cesse, et, quand il riait, on ne lui voyait que deux chicots plantés dans les gencives roses comme des clous de girofle.

Leur porte était toujours ouverte mais leur fenêtre toujours fermée, condamnée en quelque sorte par une table chargée de débris divers jusqu'à mi-hauteur des carreaux. Du reste, c'était chez eux un encombrement de bric-à-brac : chiffons, ferrailles, os, croûtes de pain s'amoncelaient dans tous les coins, dessus et dessous les meubles ; une multitude d'objets démantibulés s'accrochait au mur : de vieilles nippes pendaient sur des cordes tendues d'un bout il l'autre de la chambre ; et, sur la cheminée, tout un tohu-bohu de petites choses poussiéreuses menaçait d'ensevelir le globe fêlé et verni recouvrant la couronne nuptiale de la mère Laurent.

Il s'exhalait de tout cela une âpre odeur que relevait encore celle des excréments de « Piston », un caniche tombant de vieillesse et qui faisait partout, même sur le lit.

Le père Laurent l'avait pris en grippe et parlait à tout instant de s'en débarrasser, voire de l'occire ; mais la mère Laurent, qui avait deux amours : celles du rhum et de son cabot, s'y opposait farouchement, et c'étaient alors des disputes terribles où le père Laurent finissait par rosser ferme et la femme et le chien.

Quand je ne sortais pas avec ma grand'mère, j'allais farfouiller chez eux et jamais chercheur, jamais fureteur n'éprouva autant de volupté à remuer de la brocante, car je cherchais, moi, l'inconnu, le mirifique inconnu !

Ces gens m'aimaient beaucoup, m'appelaient leur fiston et me donnaient tous les vieux jouets qu'ils trouvaient dans les poubelles. Aussi était-ce toujours avec une certaine émotion que j'attendais le retour du père Laurent.

Il vidait sa hotte au milieu de la chambre et j'aidais au triage. Une fois, je fis une trouvaille : je tirai d'un porte-monnaie tout déchiqueté et moisi six pièces de deux sous. J'allais, tout fier, les tendre à la mère Laurent, lorsque, précipitant le geste, elle me les enleva brutalement des mains... comme si je voulais les lui voler !... Cela me fut si sensible que les larmes m'en vinrent aux yeux.

Mais, déjà, s'emparant d'une bouteille, elle partait chercher douze sous de rhum à l'assommoir du boulevard.de la Gare.

Elle le partagea avec le père Laurent, et tous deux, d'un trait, vidèrent leur verre.

Comme ils poussaient un grand soupir, je me demandai, ébahi, quelle satisfaction ils pouvaient bien tirer d'un plaisir qu'ils faisaient durer si peu !

Une autre fois, la mère Laurent sortit du « tas » une jolie pelle d'enfant, avec un long manche et une ouverture dans la poignée pour y passer la main. Mon cœur bondit. Tout de suite, je pensais : « Elle est à moi. » Mais, ô stupeur, la mère Laurent, après l'avoir considérée une seconde, s'en fut l'accrocher au mur et, cela, sans que le père Laurent soufflât mot !

Que se passait-il ?... En quoi avais-je mérité pareil traitement de la part de mes bons amis les chiffonniers ?... J'eus beau examiner ma conscience sur toutes les coutures, je ne trouvai, rien à me reprocher.

Cette pelle me fut, le reste de la journée, une énigme troublante aussi bien que l'objet d'une ardente convoitise. Et comme, par la suite, elle resta pendue à son clou, elle renouvela pour moi le supplice de Tantale.

Mais, un matin que la mère Laurent partit chercher de l'eau, je n'y tint plus : en un clin d'œil je la décrochai, relevai ma blouse et la fourrai dans ma ceinture. Ma poitrine battait comme une cloche et je devais être très pâle. Déjà la mère Laurent reparaissait.

Je tremblais à présent qu'elle ne s'aperçût de mon larcin et ne la quittais pas des yeux. Autre chose s'ajoutait à mes transes : la nécessité de ne pas bouger sous peine de voir la pelle glisser à terre, ou, pour la retenir, de garder ma main sur le ventre, ce qui, à la fin, pouvait paraître bizarre.

Elle commençait à m'ennuyer cette pelle !... Puis, à la réflexion qu'à moins de passer pour un petit voleur il me serait interdit de jouer avec librement, elle me devenait insupportable et j'aurais bien voulu la remettre à sa place !

Aussi, quand ma grand'mère vint me chercher, poussai-je un ouf ! et, m'esquivant avec précaution, mon premier soin fut-il de l'aller cacher sous mon lit.

Mais, le comble de l'aventure, c'est que, quelques jours après, la mère Laurent la chercha partout pour m'en faire cadeau !

J'étais furieux, encore bien plus de son incohérence que de ma précipitation. Aussi bien me trouvais-je dans cette situation irritante et singulière : possesseur légitime d'une pelle, puisqu'on me l'avait donnée, dont je n'osais me servir parce que je l'avais volée !

Extrait suivant



Un gosse (1927)

roman par Auguste Brepson (1884-1927)

Préface par André-Charles Mercier

Première partie

  • Chapitre 1
  • Chapitre 2
  • Chapitres 3 et 4
  • Chapitre 5
  • Chapitre 6
  • Chapitre 7
  • Chapitre 8 : Boulevard d'Italie
  • Chapitre 9 : Rue de la Glacière
  • Chapitre 10 : A la Butte-aux-Cailles
  • Chapitre 11 : La cité Jeanne d'Arc
  • Chapitres 12 et 13 : La vie, cité Jeanne d'Arc
  • Chapitre 13 (suite) : Le marché Saint-Médard
  • Chapitre 14 : La mort du père
  • Chapitre 14 (suite) : Le marchand de jouet de la rue Nationale
  • Chapitre 15 : Noël
  • Chapitres 16 et 17

Deuxième partie

  • Chapitre 1 : La rue Jeanne d'Arc
  • Chapitre 2 : Chez les biffins
  • Chapitre 3
  • Chapitre 4 : Rue Clisson
  • Chapitre 5
  • Chapitre 6 : Sur la place Jeanne-d'Arc
  • Chapitres 7 et 8 : Quatorze juillet, place Nationale
  • Chapitre 9
  • Chapitre 10 : Du côté de la Bièvre
  • Chapitre 11
  • Chapitre 12
  • Chapitre 13
  • Chapitres 14 et 15

Le texte reproduit est celui paru dans l'Œuvre du 18 janvier au 16 février 1936

Le 13e en littérature

La rue du Pot-au-Lait

Le drageoir aux épices

par
Joris-Karl Huysmans

Quelle rue étrange que cette rue du Pot-au-Lait ! déserte, étranglée, descendant par une pente rapide dans une grande voie inhabitée, aux pavés enchâssés dans la boue...

(1874)

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La gare de la Maison-Blanche

Le drame de Bicêtre

par
Eveling Rambaud et E. Piron

Honoré fit halte avenue d'Italie, devant la station du chemin de fer de Ceinture. Il sauta sur le trottoir en disant :
— Cherche, Bob, cherche !

(1894)

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La Butte-aux-Cailles

Le Trésor caché

par
Charles Derennes

Depuis toujours on habitait, mon père et moi, sur la Butte-aux-Cailles ; encore aujourd'hui, ce quartier-là n'est guère pareil à tous les autres. Mais si vous l'aviez vu du temps que je vous parle ! Des cahutes s'accrochaient à la butte comme des boutons au nez d'un galeux ; ça grouillait de gosses et de chiens, de poux et de puces...

(1907)

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La ruelle des Reculettes

La petite Miette

par
Eugène Bonhoure

— Où demeure le pharmacien? demanda Furet.
— Au coin de la rue Corvisart et de la rue Croulebarbe.
— Est-ce qu'il y a deux chemins pour y aller ?

(1889)

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Tout le 13e

Taupin

par
Séverine

À l'horizon, passé la plaine de la Glacière, vers la poterne des Peupliers, les « fortifs » verdoyaient comme une chaîne de collines.

(1909)

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Le quartier Croulebarbe

La vieillesse de Monsieur Lecoq

par
Fortuné du Boisgobey

Connaissez-vous la rue du champ de l’alouette ? Il y a bien des chances pour que vous n'en ayez jamais entendu parler, si vous habitez le quartier de la Madeleine. Mais les pauvres gens qui logent dans les parages l'Observatoire et de la Butte-aux Cailles savent parfaitement où elle est.

(1878)

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La ruelle des Reculettes

Les Monstres de Paris

par
Paul Mahalin

Le noctambule par goût ou par nécessité — comme Paris en a tant compté depuis Gérard de Nerval jusqu'à Privat d'Anglemont — qui se serait aventuré, par une nuit boréale de novembre dernier, à l'une des embouchures du passage des Reculettes, y aurait éprouvé l'impression d'un rêve persistant à travers la veille, et s'y serait cru transporté dans ce monde de la chimère et du fantôme...

(1879)

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Saviez-vous que... ?

En janvier 1904, la Préfecture de police interdisait à la « Goulue » (Mme Louise Weber épouse Droxeler), dont la ménagerie était installée boulevard Kellermann, de continuer ses exercices, tant qu'elle n'aurait pas procédé aux réparations qui lui avaient été prescrites. La sécurité des cages n'était pas, paraît-il, suffisante.

*
*     *

Gustave Geffroy (1855-1926) fut directeur de la Manufactures des Gobelins. Il n'est donc pas anormal que la rue qui porte son nom soit située tout près de celle-ci.

*
*     *

La ruelle des Reculettes reliait le 49 de la rue Croulebarbe au 28 de la rue Abel-Hovelacque, ancienne rue de Gentilly. Sa largeur variait de 2 à 7 mètres. Elle était éclairée par des quinquets. Sa suppression fut décidée en 1910 mais celle-ci ne fut totalement effective que dans les années trente...

*
*     *

Dans le Constitutionnel daté du 21 janvier 1837, on remarquait l’annonce suivante :
« Avis au Public
Le propriétaire des étangs de la Glacière a l'honneur de prévenir MM. les patineurs qu'il laisse libres plusieurs de ses étangs d'une étendue considérable. L'entrée est de 50 centimes, dont une partie est destinée en faveur des pauvres de la commune de Gentilly ; on entre par la rue de la Glacière et rue du Pot-au-Lait, 3 et 5. »

L'image du jour

L'image du jour
Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte

HISTOIRE DES QUARTIERS

  • La Salpêtrière
  • La Gare
  • Maison Blanche
  • Croulebarbe

ACCES PAR NOM

  • Nomenclature des rues
  • Liste des auteurs

LES DRAMES DU 13e

  • Le drame de la rue Albert
  • Le drame de la rue de l'Espérance
  • Le drame de la rue Vandrezanne
  • Le drame du quartier de la Gare
  • Un drame du terme
  • Tous les drames...

LE TREIZIÈME AVANT LE 13e

  • Le Petit-Gentilly (1820)
  • De la difficulté d’être le treizième arrondissement
  • La bergère d'Ivry (1827)
  • L'abattoir de Villejuif (1812)
  • Sommaire complet

LE TREIZIÈME EN 1860

  • Notice administrative, historique et municipale sur le XIIIe Arrondissement par Ph. Doré fils

ACCÈS THÉMATIQUES

  • L'aménagement du 13e
  • Les grandes voies du 13e
  • La petite ceinture dans le 13e
  • Le Métropolitain dans le 13e
  • Les tramways dans le 13e
  • La gare d'Austerlitz
  • Le puits artésien de la Butte-aux-Cailles
  • La place d'Italie
  • La cité Doré
  • La cité Jeanne d'Arc
  • Le passage Moret
  • L'asile Nicolas-Flamel
  • Les hôpitaux de la Pitié et de la Salpêtrière
  • Les fouilles archéologiques dans le 13e
  • Le Siège de Paris (1870-71)
  • Le 13e sous la Commune
  • La catastrophe de la rue de Tolbiac (20 oct. 1915)
  • Le jardin des Gobelins
  • La manufacture des Gobelins
  • La "Folie Neubourg"
  • Le marché aux chevaux
  • Les grandes eaux du boulevard Kellermann
  • Ateliers, fabriques et petits métiers du XIIIe
  • Chiffons et chiffonniers
  • Bals de Paris, bals de barrière, cabarets, bouges et assommoirs
  • L'épidémie de la Maison-Blanche (1890)
  • Les étrangleurs des Gobelins
  • Sur les communes limitrophes
  • La zone dans le 13e

VIDÉOS

  • Auguste Lançon et le 13e
  • Marville, la rue de Tolbiac
  • Quai de la Gare, janvier 1910
  • La place Nationale
  • Le marché aux chevaux

L'image du jour


Les feuilletons de paris-treizieme.fr

  • Assassins !!!
  • Le cadavre de la Maison-Blanche

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