« Château de Napoléon ».
Le Gaulois ― 13 juin 1904
La rue Corvisart va être l'objet d'une réfection presque complète.
Perdue dans les solitudes de à la « Glacière », c'était jadis la rue du Champ-de l’Alouette, un joli nom de rue, qui en disait bien l'origine et qui, hélas ! ;-a perdu sa double raison d'être. De vilaines bâtisses cachent aux passants ce qui était le champ et l’alouette chassée par les « pierrots.» parisiens, est allée porter ailleurs la note gaie de ses vocalises matinales !
A l'angle de la rue qu'on va élargir — à ses dépens, sans doute — un vieil hôtel délabré qu'entoure une grille rongée de rouille profile encore sa silhouette au milieu d'un taillis de li las et de cytises. Sa façade est ornée d'un portique à colonnes et de deux statuettes qui durent représenter jadis Flore et Pomone, mais que l'âge et l'injure des hommes ont décapitées.
C'est le « Château de Napoléon », ainsi qu'on le désigne communément dans le quartier II y avait là, naguère, un relai de poste, et peut-être l'Empereur s'y arrêta-t-il. Nous ne savons. Toujours est-il que construit par Peyre, l'aîné, pour M. de Neufbourg*, cet hôtel servit, pendant plus demi-siècle, de buanderie aux hospices de Paris
Il est abandonné depuis longtemps.
Que va devenir maintenant le « Château de Napoléon » ?
*L'orthographe originale de l'article a été respectée.

Sur la "Folie Neubourg"
Vers 1889, Léon Maillard (1860‑1929) écrivain et critique d’art, visita la "Folie Neubourg" :
« Un peu après l'exposition de 1889, Rodin me donna rendez-vous dans un de ses ateliers. C'était sur le boulevard d'Italie, dans un creux formé par la Bièvre, une masure extraordinaire. Dans le quartier, on appelait cette ruine démantelée, La Folie aux Prêtres, mais ce n'était là qu'une déformation du nom de l'ancien propriétaire, Le Prêtre de Neubourg, un riche traitant du XVIIIe.
On accédait à la voûte du petit hôtel ancien, par une pente gazonnée très déclive. On pouvait alors juger de ce qu'avait été la demeure autrefois : deux pavillons d'angle avec oeil-de-bœuf au fronton reliés entre eux par un portique ionique grec ; le corps du bâtiment central possédait trois fenêtres séparées par deux niches avec des statues d'après l'antique. Toutes les fenêtres avaient des persiennes, les lamelles en étaient brisées ; peu de vitres restaient encore. Dans une grande pièce du rez-de-chaussée, décarrelée, et au plafond troué, s'entassaient des ébauches, et au long du mur, les statues des Bourgeois de Calais. Dans cette pénombre, humide et mouvante, ils avaient une allure impressionnante. »
(extrait de la revue Les Amis de Paris - 1913)
Le récit
- Le Clos Payen (1891)
- Le Château de Napoléon (1904)
- Un rendez-vous de chasse du Vieux Paris (1906)
- La « Folie » Neubourg (1929)
- Le Champ de l'Alouette (1933)

