Un jour dans le 13e

 paris-treizieme.fr — Journée du 6 mai 1871

La journée du 6 mai

La Butte-aux- Cailles

Le Petit-Journal — 8 mai 1871

La barrière d'Italie et le quartier Mouffetard sont extrêmement tranquilles.

Aux environs de la place Maubert dans la journée d'hier, d'après le Siècle, on procédai dans plusieurs maisons au désarmement des réfractaires, sans qu'il en résultât le moindre désordre. Il faut dire que la plupart de ces réfractaires étaient absents.

Au boulevard d'Italie, un assez grand nombre d'ouvriers terrassiers travaillent à la construction de deux barricades énormes, sur le modèle de celle de la rue de Rivoli. Une autre barricade du même genre est construite en avant de la porte d'Italie, à l'intérieur de l'enceinte fortifiée.

La Butte-aux-Cailles est toujours armée de plusieurs pièces d'artillerie de moyen calibre. Les deux canons de marine qui s’y trouvaient ont été transportés à la porte de Vanves, nous a-t-on dit. Il y a, en effet, à cet endroit, une batterie de grosses pièces tirant sur Châtillon, par dessus le fort de Vanves. Depuis deux jours, l'action s’est sensiblement ralentie sur la ligne comprise entre Montrouge et Bicêtre. De ce côté, il semble exister une sorte de trêve.

 



Le 13e avant et durant la Commune
(18 mars - 28 mai 1871)

Saviez-vous que... ?

Le marché aux chevaux du boulevard de l'Hôpital s'y installa le 1er avril 1878 revenant ainsi à proximité de son emplacement initial où il avait été installé une première fois au XVIIe siècle et dont il avait été chassé en 1866 pour permettre l'achèvement du boulevard Saint-Marcel.
Entre ces deux périodes le marché aux chevaux était implanté sur le boulevard d'Enfer, futur boulevard Raspail, non loin du boulevard du Montparnasse, sur un terrain rejoignant le futur boulevard Edgar Quinet, alors boulevard de Montrouge.

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Le Théâtre Saint-Marcel situé 31 rue Pascal, bâti en 1838 dans le douzième arrondissement de l'époque, donnait essentiellement des drames, des comédies et des vaudevilles de l'ancien répertoire.

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La rue de Campo-Formio s'est appelée Petite rue d'Austerlitz et, encore avant, rue des Étroites Ruelles.

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Le promeneur qui, après avoir suivi la rue Mouffetard tourne à droite et prend celle du Petit-Gentilly, se trouve inopinément en face d'un des plus beaux paysages qui soient à Paris. Il a devant les yeux une vallée arrosée par la Bièvre, dont il n'est pas assez près pour respirer les émanations délétères et nauséabondes; dans les prairies riveraines, des blanchisseuses étendent le linge sur des piquets ; des vaches paissent comme en pleine campagne; çà et là des jardins plantés au XVIIIe siècle par de riches gentilshommes qui cherchaient le plaisir et le repos dans ces lointains quartiers, dressent les cimes verdoyantes de leurs arbres fruitiers, ou prolongent en arceaux de verdure les débris de leurs nombreuses charmilles.
Les tanneries disséminées çà et là avec leurs greniers à claire-voie ressemblent à des villas italiennes ; le vallon se relève environ à un kilomètre de l'endroit où nous supposons que l'observateur est placé. Les lignes imposantes de la manufacture des Gobelins dominent un amas de toitures, la plupart dégradées par le temps. Au-dessus des maisons se découpent sur le ciel l'Observatoire, le dôme du Val-de-Grâce, celui de l'église de Sainte-Geneviève, les clochers de Saint-Jacques-du-Haut-Pas, de Saint-Étienne-du-Mont et la tour du lycée Napoléon. Nous ne saurions trop recommander aux voyageurs cette vue exceptionnelle, qui mériterait d'être plus connue.(Émile de Labédollière)

L'image du jour

La place Pinel vue de la rue Esquirol avec un aperçu de la rue Nationale de l'autre côté du métro.

L'entrée de la cité Doré sur la place Pinel était situé à gauche.