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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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Une évocation du 13e arrondissement de 1860 aux années 30

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La nouvelle place d’Italie

Les travaux de la nouvelle place d’Italie sont à peu près terminés.
Cette place est à présent un des plus grandes et une des plus belles de Paris.
Un immense bassin, d’une profondeur de 60 centimètres environ et entouré d’une élégante bordure en pierre blanche, en occupe le centre... (1878)

Un pont américain à Paris : le pont de Tolbiac

Les Américains se sont acquis, depuis quelques années, une véritable renommée en matière de grands travaux publics leur initiative, leur audace, leur fougue, méritent d'être admirées et surtout imitées. Ce n'est pas la science qui manque à nos ingénieurs pour les égaler.
Nous signalons, avec beaucoup de plaisir, dans cet ordre d'idées, le beau pont « américain » dans la meilleure acception du terme, dont Paris vient d'être doté. (1895)

Au Théâtre des Gobelins (Chronique théâtrale)

Pour aller au théâtre des Gobelins, situé là-bas, là-bas, au Diable-Vauvert, au haut de la côte Mouffetard, il faut être acteur, chiffonnier... ou chroniqueur.
Tandis que je m’y rendais hier, les zigzags laborieux de mon automédon, qui n’eût pas été plus embarrassé en plein Sahara, me faisaient regretter ce tapis enchanté des Mille et une Nuits, sur lequel n’avait qu’à s’étendre son heureux propriétaire pour être instantanément transporté au gré de sa pensée vagabonde. (1870)

Quand le président du conseil municipal de Paris abusait de ses fonctions

Nos lecteurs, ou plutôt Paris, la France, le monde connaissent l’incident tragi-comique dont Son Excellence le cocher de M. Rousselle, président du conseil municipal, a été le héros ou la victime le mardi gras.... (1890)

29 novembre 1870

L'offensive française sur la Marne vue du 13e

15 juillet 1895

Première visite d'un président de la République dans le 13e

10 mars 1871

La situation dans le 13e

28 décembre 1902

Les Humbert arrivent à la gare d'Orléans-Ceinture

 

19 mai 1938

Inauguration du jardin des Gobelins

27 janvier 1912

Deux conduites d'eau éclatent boulevard Kellermann

4 mai 1924

Inauguration de la piscine de la Butte aux Cailles

14 juillet 1881

La fête nationale dans le 13e

 

Le 13e dans la presse...

Dans la presse...

Dans la presse...

Un pont américain à Paris : le pont de Tolbiac

Les Américains se sont acquis, depuis quelques années, une véritable renommée en matière de grands travaux publics leur initiative, leur audace, leur fougue, méritent d'être admirées et surtout imitées. Ce n'est pas la science qui manque à nos ingénieurs pour les égaler.
Nous signalons, avec beaucoup de plaisir, dans cet ordre d'idées, le beau pont « américain » dans la meilleure acception du terme, dont Paris vient d'être doté. (1895)


Maximilien Luce - La Bièvre rue des Peupliers

En 1888, l’éminent balzacien que fut Jules Christophe (1840-1908) remarqua une exposition consacrée aux œuvres d’un jeune peintre Maximilien Luce (1858-1941) et lui consacra un article dans l’hebdomadaire satirique La Cravache parisienne du 28 juillet 1888 auquel il collaborait régulièrement.
Cet article permet de mieux interpréter un petit tableau (38,7 x 46,4 cm) de Luce connu sous l’appellation « La Bièvre près de Paris » alors qu’il s’agit, en fait de la Bièvre dans Paris et plus précisément aux abords de la rue des Peupliers et du Moulin-des-Prés sur la rivière. (1888) ...


La nouvelle place de l’Église dans le 13e arrondissement

Comme dans la plupart des arrondissements annexés, il y a fort à faire dans le treizième ; mais on y trouve cet avantage, qu'un grand nombre de terrains y étant dépourvus de constructions, les expropriations y sont peu coûteuses. ... (1861) ...


Une rue insalubre

Pestilentielle et défoncée, avec sa chaussée parsemée d'immondices, la rue Philibert-Lucot est la plus sale du treizième arrondissement. (1911) ...


Terrible orage à Paris

Le temps qui, depuis le matin, était, hier, très chaud et devenu vers midi tellement lourd et orageux que l'air était presque irrespirable. On ne voyait que passants s'essuyant le front avec la lassitude et les cocher protéger la tête de leurs chevaux avec des chapeaux de paille... (1901) ...


En voir plus...

paris-treizieme.fr — Notre-Dame de la Gare sous la Commune
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Les églises de Paris sous la Commune

Notre-Dame de la Gare

(24 mai)

Extrait de "Les églises de Paris sous la Commune" de Paul Fontoulieu (1873)
Notre-Dame de la Gare, place Jeanne d'Arc, anciennement place de l'Eglise

Avant comme après l’insurrection, le treizième arrondissement fut un des plus tranquilles de Paris. Comment devint-il en un seul jour le théâtre de crimes horribles ? Hommes et choses semblent avoir concouru dans une égale mesure à amener ce résultat.

À la mairie trônait le sieur Passedouet, une des célébrités des réunions publiques. Avant de devenir un révolutionnaire exalté, Passedouet avait été employé au journal la Patrie en qualité de comptable, et plus tard, il fut un des administrateurs de la Nation — journal de M. Léonce Dupont ; là, il créa une petite feuille, — non politique, — tout à fait inconnue aujourd'hui, et qui avait pour titre : le Fumeur, organe des culotteurs de pipes. Le Fumeur a eu, ce nous semble, trois numéros.

Ici, l'auteur du texte est dans l'approximation.
Si Auguste Jules Passedouet a bien été maire du XIIIe arrondissement, il ne l'a été que deux mois entre le 4 septembre, date de sa nomination et le 5 novembre 1870 date des élections des maires et des adjoints d'arrondissement décidées par le gouvernement de la défense nationale afin de constituer régulièrement par l'élection les municipalités. Passedouet ne fut pas confirmé dans ses fonctions, les électeurs du XIIIe qui lui préférèrent sans équivoque M. Pernollet (2950 voix, élu au premier tour) contre 1319 voix pour lui.

On retrouvera Passedouet pendant la Commune dans le XIXe où il occupait les fonctions de délégué à l'administration de l'arrondissement. Il fut très largement battu lors des élections municipales complémentaires du 15 avril 1871.

Passedouet fut tenu pour responsable de l'incendie des entrepôts de la Vilette. Arrêté en septenbre 1871, il fut condamné,en avril 1872, à la déportation dans une enceinte fortifiée par le 3e conseil de guerre et mourut en Nouvelle Calédonie en juin 1876.

Passedouet entra ensuite, toujours comme comptable, au journal la Liberté, fondé par M. Muller. Il y resta jusqu'au jour où le journal passa dans les mains de M. Émile de Girardin. Puis il devint orateur des clubs et se mit à publier des canards rouges : il fonda le journal la Misère le 6 février 1870, et puis le Misérable le 28 du même mois. Ces feuilles, supprimées par arrêts des tribunaux correctionnels, lui valurent quelques mois de prison.

Tels étaient les antécédents de M. le maire du XIIIe arrondissement. Les hommes dont il s'entoura comme conseillers étaient Léo Meillet, qui allait devenir membre de la Commune ; Buffier, failli et banqueroutier ; le ciseleur en fer Duval ; le chaudronnier Chardon et le corroyeur Sérizier, homme perdu de mœurs, trois fois condamné à mort et jamais exécuté.

Cependant — chose fort extraordinaire — malgré un tel maire et de semblables conseillers, l’église ne fut ni perquisitionnée ni pillée, et le clergé put rester à son poste sans jamais être inquiété. « si ce n'est le dernier jour.

Tout ce qui concerne l’église Notre-Dame de la Gare se résume donc dans les arrestations de MM. Méhulin et Lesmayoux, vicaires. On va voir quels traitements indignes on leur fit subir et comment ils échappèrent à la mort.

Le mercredi 24 mai, les fédérés étaient déjà repoussés jusqu'aux extrêmes limites du XIIIe arrondissement, et le corps du général de Cissey avait porté sa gauche jusqu'au Jardin des Plantes. Les bataillons des fédérés qui occupaient Bicêtre, voyant qu'ils pouvaient être tournés, rentrèrent précipitamment par la porte d'Ivry, traînant avec eux les dominicains d'Arcueil qu'ils avaient faits prisonniers l’avant-veille. Ces bataillons étaient les 101e, 120e, 133e, 156e, 176e et 184e considérablement diminués.

Ils rentrèrent à Paris en désespérés, décidés à massacrer tous les réfractaires et tous les prisonniers, et Léo Meillet, pour conserver sa popularité, leur en donna l'autorisation.

En effet, le jeudi 25, des détachements de ces bataillons envahirent simultanément les domiciles de M. le curé et des vicaires.

M. le curé Parguel, qui a fondé la paroisse, homme estimable sous tous les rapports, avait été averti du danger dont il était menacé et avait pu se mettre en sûreté.

Deux vicaires purent s'échapper, grâce à la profonde ivresse des gardes chargés de les empoigner ; mais deux autres vicaires, MM. Méhulin et Lesmayoux, tombèrent entre les mains des insurgés.

M. Méhulin fut entraîné à une barricade, derrière la mairie, où un capitaine proposa de l'attacher à la gueule d'un canon ; mais, sur l'observation que cette mort était trop douce pour un calotin, on l’exposa au point le plus dangereux de la barricade, afin qu’il fût tué par ses amis de Versailles. Un garde se tenait derrière lui, avec ordre de le fusiller s'il faisait le moindre mouvement de recul. Enfin, deux officiers, moins cruels que les autres insurgés, eurent pitié de lui et se concertèrent pour le délivrer. L'un d'eux l’emmena, sous le prétexte de lui donner un fusil pour l'obliger à se battre, et le mit en sûreté.

Placé entre trois fédérés, M. l’abbé Lesmayoux fut conduit à la mairie, au milieu des imprécations et des menaces d'une foule devenue féroce. Des forcenés le couchèrent en joue pour le tuer. Heureusement qu'on était auprès d'un poste dont le chef se trouva, par hasard, être un honnête homme. Il fit défense de tirer. Nous sommes heureux de pouvoir donner le nom de ce brave citoyen. Il s'appelait Adolphe Prud'homme et était lieutenant à la 4e compagnie du 102e bataillon.

À la mairie, M. Lesmayoux fut accueilli avec une brutalité dont on n'avait jamais fait usage envers les plus grands criminels.

— Conduisez-moi ça au n* 38 de l'avenue d'Italie, s’écria l'officier de service. Bon pour être fusillé.

Et se tournant vers le prisonnier :

— D'autres moines vous y attendent. Votre affaire sera réglée avec la leur.

La maison n°38 de l’avenue d'Italie avait été convertie en prison. C'est là que se trouvaient enfermés les dominicains d'Arcueil. Il y avait pour greffier un nommé Boin, ancien corroyeur, et pour directeur un jeune capitaine imberbe qui, avant le 18 mars, exerçait l'état de chiffonnier.

— Asseyez- vous ! s'écria Boin en voyant entrer le prisonnier.

— Je préfère rester debout.

— Mille tonnerres d'enfer ! hurla l’ancien corroyeur en plaçant son revolver sur la figure de l'ecclésiastique, c'est moi qui commande ici, et si vous ne vous asseyez pas illico, je vous fais sauter la frimousse.

À ce moment, entra un sergent-major du 42e bataillon, M. Floury, horloger, boulevard de la Gare, 114. Il n'avait suivi M. l'abbé Lesmayoux que pour essayer de le sauver.

Isidore Boin dit "Bobèche" fut condamné à mort, le 17 février 1872, par le 6e conseil de guerre, et exécuté le 25 mai.

On délibéra sur ce qu'on devait faire. Boin et le chiffonnier-capitaine étaient d'avis de fusiller le prisonnier sur-le-champ. M. Floury, sans demander un sursis, ce qui aurait paru suspect, propose de former un conseil de guerre et de juger l’affaire. Cette idée fut trouvée charmante, et immédiatement le conseil fut organisé. Il va sans dire que le chiffonnier et Boin le corroyeur en firent partie.

La séance s'ouvrit immédiatement, en l'absence de l’accusé, bien entendu, que l’on avait verrouillé dans une chambre. Sur les six membres dont se composait ce singulier tribunal, quatre se prononcèrent pour la mort. M. Floury, voyant la partie perdue, eut recours à un stratagème, sa dernière ressource !

— Citoyens, dit-il, l'affaire est grave, puisqu'il s'agit de la vie d'un homme, et aucun de nous ne voudrait commettre un assassinat. Eh bien ! nous avons encore à élucider quelques points, et ici nous ne sommes pas tranquilles. Allons continuer nos délibérations au café. C'est moi qui régale.

La proposition fut acceptée avec un véritable enthousiasme, et le conseil de guerre suspendit la séance pour aller la reprendre au café. Le fait peut paraître incroyable, mais il nous a été affirmé par M. l’abbé Lesmayoux, qui n'avait aucun motif de nous induire en erreur.

Que se passa-t-il au café ?... Quel est le nombre de bocks et de verres de fine qui furent absorbés par ces magistrats improvisés ? c'est ce que nous ne saurions dire. Toujours est-il qu'après une heure et demie de délibérations et de libations, le conseil de guerre rendit à l'unanimité un verdict d'acquittement, et ce qu'il y a de plus curieux et de plus bizarre, c'est que Boin et le chiffonnier-capitaine, extrêmement émus l'un et l'autre, voulurent être les premiers à annoncer cette nouvelle au prisonnier.

M. l’abbé Lesmayoux était donc acquitté par le conseil de guerre du café, mais il n'était pas encore libre. Il lui restait d'autres épreuves à subir. Les assassins du n° 18 lui avaient fait grâce de la vie, fort bien ; mais les autres !!!

Ayant été reconnu innocent, M. l’abbé Lesmayoux voulut s'en aller, ce qui était assez naturel.

— Ce n'est pas possible, lui dit-on, il y a en ce moment trop de danger pour vous dans les rues ; ce soir, vous serez mis en liberté.

Vers deux heures de l'après-midi, les fédérés étaient écrasés et se repliaient en désordre. Cérisier, sentant la nécessité de fortifier les barricades de l'avenue d'Italie, y envoya quatorze des prisonniers qui se trouvaient dans la même chambre que M. Lesmayoux. Ils étaient à peine sortis, qu’on le fit appeler  ; il s'approcha du guichet.

— C'est bien, lui dit un homme à figure sinistre ; je voulais m'assurer que vous étiez là.

Un moment après, un certain mouvement se produisit dans la chambre à côté, et l'ecclésiastique entendit ces paroles :

— Allons, soutanes, en route ! on va vous conduire aux barricades.

C'était Boin qui venait prendre les dominicains d'Arcueil.

On sait le reste. Ces malheureux furent fusillés vers quatre heures et demie, sur la place d'Italie.

Peu d'instants après, deux des égorgeurs entrèrent dans la chambre où était M. Lesmayoux.

— Le tricorne qui est ici ?

— Voilà.

Et le vicaire se présenta.

— Suis-nous ! lui dirent-ils.

M. l’abbé Lesmayoux ignorait encore l’assassinat des religieux d'Arcueil. Il suivit les deux hommes. Comme il arrivait à la porte de la prison, deux fédérés prirent par les pieds le cadavre sanglant d'un père dominicain pour le lui montrer. Lorsqu'il arriva près d'eux, ils étendirent le corps sur le seuil.

— Passe dessus, coquin, lui dirent-ils, et mets-toi contre ce mur, à côté de la porte ; ton tour est arrivé.

Il y avait là un officier à cheval qui semblait avoir pour mission de présider aux massacres. M. l'abbé Lesmayoux s’adressa à lui.

— Dites donc, vous, est-ce que vous êtes l’autorité, ici ?

— Oui.

— Eh bien ! c'est à vous que je m'adresse. Déclarez qui vous faites fusiller en ma personne. Si c'est le prêtre, je n'ai rien à objecter, puisque vous êtes la force ; si, au contraire, c'est un criminel, prouvez mon crime. Ma cause a été jugée tout à l’heure et j'ai été reconnu innocent.

Pour toute réponse, l’officier tira son revolver et le porta sur la figure de l’abbé.

— Votre arme m'est indifférente en ce moment. Voyez tous les chassepots qui me menacent. Répondez à ma question.

L'officier remit gravement son revolver à sa ceinture, et se disposa à s’éloigner.

M. Lesmayoux sauta vivement à la bride de son cheval.

— Vous ne partirez pas sans me répondre. Je ne veux pas de grâce, mais j'ai droit à la justice et je la demande. Mon dossier est au greffe ; venez le consulter.

Cette proposition pouvait perdre définitivement l'abbé Lesmayoux, car il n'y avait aucun dossier au greffe, le conseil de guerre du café n’ayant rien rédigé du tout.

L'officier descendit de cheval et suivit le prisonnier. Mais les fédérés (ils appartenaient au 101e bataillon) les arrêtèrent en disant :

— A quoi bon tout ce retard ?... Il faut le fusiller tout de suite.

— Camarades, s'écria alors l'officier, vous n’êtes pas des assassins, vous autres ! Vous êtes d'honnêtes patriotes qui combattez pour la liberté. Eh bien ! il n'est pas sûr que cet homme soit coupable. Pour ne pas vous exposer à commettre un crime, donnez-lui un chassepot et f...-le à la barricade !

M. Lesmayoux se trouva aussitôt muni d’un fusil,

— Je suis prêtre, dit-il, et je ne me bats pas.

— Qu'est-ce que ça nous fait ?... En avant, ou une balle dans la tête !

Deux horribles voyous s'approchèrent. L'un lui donna des cartouches, l'autre des capsules, et toute une bande de misérables le poussa vers la barricade de l’avenue d'Italie, en face de la mairie.

Chemin faisant, on se faisait un plaisir de lui montrer les cadavres des martyrs d'Arcueil, qui avaient été éparpillés sur toute l'avenue. Il se passa là des choses horribles, indignes d'un peuple civilisé. On poussait ces cadavres du pied, on les roulait dans la poussière ; à l’un on prenait son chapeau, à l'autre son scapulaire, et on affublait de ces objets les laïques assassinés avec les prêtres.

Des gamins s'amusaient à attacher des scapulaires au cou des chiens. Détail épouvantable : une de ces victimes respirait encore ; des individus l’assirent contre le mur et l'achevèrent à coups de bâton et à coups de talons de souliers.

Mais le séjour à la barricade ne fut pas de longue durée. La troupe régulière s'approchait de plus en plus, et bientôt on vit un nuage de fumée blanche à la porte d'Italie. C'était la brigade Lion qui arrivait au pas de course.

— En route sur Bercy ! s'écria un officier, et dépêchons-nous !

On plaça l’abbé Lesmayoux au centre d'un groupe qui devait le fusiller, s'il tentait de se sauver.

— Marche droit, lui dit un lieutenant, ou je te loge une balle dans la tête.

Chemin faisant, M. l’abbé Lesmayoux chercha à lier conversation avec ses voisins.

— Eh bien ! dit-il en s'adressant à un capitaine qui avait l'air moins cruel que les autres ; il paraît que nous allons à Bercy !

— Oui ; mais vous, qui êtes- vous, et comment êtes-vous ici ?

— Je suis vicaire de l'église que nous voyons en face ; j'ai été pris ce matin chez moi, par les bataillons qui descendaient de Bicêtre.

— Ah ! je vous plains bien sincèrement !

Ces paroles enhardirent l’ecclésiastique.

— Tâchez donc de me sauver, lui dit-il.

— Je ne demande pas mieux, mais c’est bien difficile. Je vais toujours essayer. Et d'abord, je vais commencer par vous insulter, c'est indispensable.

— Ne vous gênez pas.

Le capitaine, alors, accabla d'outrages et de menaces M. l’abbé Lesmayoux, à la grande satisfaction des fédérés. On arriva ainsi à une barricade placée à l'intersection de la rue Baudricourt et de l’avenue d'Ivry.

Là se trouvaient les insurgés du 101e, qui venaient de fusiller les dominicains. Ils se mirent à insulter le prêtre et ils allaient le fusiller, lorsque le capitaine s'interposa vivement entre eux et la victime.

— Malheureux ! s'écria-t-il, y songez-vous ? Vous savez que nous manquons de médecins pour nos ambulances ; j'y mené ce citoyen qui est chirurgien, et vous voulez le tuer !

Puis, se tournant vers le prêtre :

— Suivez-moi, lui dit-il.

Il se dirigea alors vers ce même officier à cheval qui, quelques instants auparavant, avait envoyé l’abbé aux barricades, et qui se trouvait là avec sa bande d'assassins. Il lui dit quelques mots à voix basse, et il introduisit le prêtre dans l’ambulance, située à une centaine de pas de la barricade.

Il est juste de citer le nom de ce capitaine de l’armée insurrectionnelle, qui risquait sa vie pour sauver celle d'un prêtre. Il s'appelait Desfosse, et il était capitaine de la 2e compagnie de guerre au 101e bataillon des fédérés.

Au moment de se séparer de M. l'abbé Lesmayoux, il lui serra la main, à la dérobée, et lui dit d'une voix émue :

— Au revoir, monsieur, s'il y a un revoir pour moi.

On eût dit que cet homme avait un pressentiment de sa fin prochaine. En effet, quelques minutes après, il était atteint au front par une balle, et tombait pour ne plus se relever.

M. l'abbé Lesmayoux fut obligé, pendant près d'une demi-heure, d'exercer sérieusement les fonctions de chirurgien. Heureusement pour lui — et aussi pour les malades — il n'eut à soigner que des blessures légères, et, comme il avait été pendant quatre mois infirmier dans une ambulance, sous les ordres du docteur Thibault, il ne lui fut pas difficile de passer pour un homme du métier.

Mais bientôt les éclaireurs du 82e de ligne arrivèrent au pas de course, et les insurgés prirent la fuite. La barricade de la rue Baudricourt, cependant, tint bon jusqu'au dernier moment, car elle était fortement défendue par des canons et des mitrailleuses. Les insurgés croyaient que les soldats de Versailles arriveraient par l'avenue d'Ivry. Ils arrivèrent subitement par derrière. Les insurgés se sauvèrent au galop, mais pas assez vite, car un feu de peloton en fit tomber une centaine dans la rue Baudricourt.

Telles sont, racontées sommairement, les phases diverses et fort dramatiques par lesquelles passa M. l’abbé Lesmayoux pendant la journée du 25 mai.

 



Le 13e avant et durant la Commune
(18 mars - 28 mai 1871)

Après l'armistice, 28 janvier - 17 mars 1871

A travers Paris

  • L’ambulance mobile de la Maison-Blanche
  • La question des victuailles (Le Siècle, 8 février 1871)
  • A travers les rues bombardées (Le Siècle, 16 mars 1871)

L'affaire des Gobelins

  • Proclamation du ministre de l’Intérieur aux habitants de Paris (4 mars 1871)
  • Les faits selon le Bien Public (6 mars 1871)
  • Lettre adressée au Cri du Peuple (9 mars 1871)
  • Proclamation d'Emile Duval (Le Rappel, 9 mars 1871)
  • Les canons de la place d'Italie (La Liberté, 9 mars 1871)
  • L'opinion du Figaro (11 mars 1871)
  • A travers le 13e arrondissement (11 mars 1871)
  • Les canons de la Barrière d’Italie (Le Bien public — 17 mars 1871)
  • La question des canons (L'Illustration, 18 mars 1871)

Démission de M. Pernolet, maire du 13e

  • Démission de M. Pernolet, maire des Gobelins (Le Figaro, 7 mars 1871)
  • Un maire bourgeois (Le Cri du Peuple, 8 mars 1871)
  • Gazette nationale ou le Moniteur universel, 13 mars 1871
  • La proclamation de M. Pernolet

Sur le 13e arrondissement

  • Le Figaro, 8 mars 1871

Du 18 mars au 20 mai

Journée du 18 mars

  • La journée du 18 mars sur la rive gauche (Gazette nationale ou le Moniteur universel — 20 mars 1871)

Les élections du 26 mars

  • Compilation

Journée du 5 avril

  • Les renseignements du Bien public du 6 avril 1871

Journée du 12 avril

  • Arrestation des principaux chefs d’industrie (Le Bien public, 16 avril 1871)

Journée du 14 avril

  • La situation (Le Bien public, 14 avril 1871)

Journée du 19 avril

  • Obsèques des gardes nationaux tués au combat d'Asnières
  • La journée dans le 13e vue par Le Siècle

Journée du 4 mai

  • La barrière d'Italie vue par Le Siècle

Journée du 6 mai

  • La Butte-aux-Cailles vue par le Petit-Journal

Du 21 au 28 mai

Journée du 24 mai

  • Récit de La Patrie (28 mai 1871)

Journée du 25 mai

  • Récit de La Patrie (28 mai 1871)
  • Récit du Temps (31 mai 1871)
  • Extrait du rapport sur les opérations de l'armée de Versailles, depuis le 11 avril, époque de sa formation, jusqu’au moment de la pacification de Paris, le 28 mai.

L'incendie des Gobelins (25 mai 1871)

  • L’incendie des Gobelins (Les dégâts)
  • L’incendie des Gobelins (Le Monde illustré)
  • L’incendie des Gobelins (L'Illustration)
  • L’incendie des Gobelins (Séance de l'Académie des Sciences)

Le massacre des Dominicains d'Arcueil

Les faits

  • Le massacre des Dominicains, récit de l'abbé Grandcolas (L'Illusttration, 3 juin 1871)
  • Les Dominicains d’Arcueil (Maxime Du Camp, Les convulsions de Paris)

Le procès (à venir)

  • Ouverture du procès : rapport du capitaine Leclerc
  • Rapport du capitaine Leclerc, suite, journée du 25 mai
  • Audition de Serizier (personnalité)
  • Audition de Serizier (interrogatoire au fond)
  • Audition de Boin
  • Audition de Louis Lucipia
  • Audition de Jules-Constant-Désiré Quesnot
  • Auditions de Gironce, Annat, Rouillac et Grapin
  • Auditions de Busquaut, Gambette, Pascal

Les églises du 13e durant la Commune

  • Saint-Marcel de la Maison-Blanche (Chapelle Bréa)
  • Saint-Marcel (Boulevard de l'Hôpital)
  • Notre-Dame de la Gare
  • La chapelle Bréa (Extrait des convulsions de Paris - Maxime Du Camp)
  • La chapelle Bréa (La Croix - 12 février 1939)

Après la Commune

  • Biffins et sacquiers (Le Petit-Journal, 9 juillet 1871)
  • La prison de l’avenue d’Italie (1872)
  • Sur la barricade de la rue Baudricourt (1873)
  • Le monument Duval (Le Temps - 8 juin 1891)
Dans la presse...

Un pont américain à Paris : le pont de Tolbiac

Les Américains se sont acquis, depuis quelques années, une véritable renommée en matière de grands travaux publics leur initiative, leur audace, leur fougue, méritent d'être admirées et surtout imitées. Ce n'est pas la science qui manque à nos ingénieurs pour les égaler.
Nous signalons, avec beaucoup de plaisir, dans cet ordre d'idées, le beau pont « américain » dans la meilleure acception du terme, dont Paris vient d'être doté. (1895)


Un abreuvoir pour chevaux et pour chiens a été inauguré ce matin

Les badauds sont rares dans le quartier de la Gare et lorsqu'une inauguration y amène des officiels et dû « beau monde », l'assistance est aussi clairsemée que pittoresque : c'est devant une dizaine de marmots, quelques garçons bouchers et deux ou trois ménagères que la fontaine, offerte par la S.P.A. à la Ville de Paris pour étancher la soif des chevaux et des chiens, a été remise à M. Morain, préfet de police. (1926) ...


Le foyer d’infection de l’avenue de Choisy

Signalons, en plein Paris, un foyer d'infection « qui défie toute concurrence : 15, avenue de Choisy, entre le boulevard Masséna et la rue Gandon, existe un dépôt d'ordures ménagères. Les chats et les chiens crevés y achèvent paisiblement leur transformation dernière sous les chauds rayons du soleil de juillet. (1906) ...


L’accident de la place Pinel

Hier matin, vers dix heures, la concierge de la maison du n° 3 de la place Pinel descendait à la cave, une bougie à la main. Arrivée à la dernière marche de l'escalier, le sol céda sous ses pieds, et elle disparut tout à coup dans une profonde excavation. (1883) ...


Un nouveau pont

Un nouveau pont vient d'être construit sur la route militaire qui entoure Paris, entre la porte de la Gare et celle de Vitry. Il est parallèle au boulevard Masséna, et franchit la ligne du chemin de fer d'Orléans. De cette façon, on peut parcourir la ligne stratégique sans rencontrer d'obstacles. (1877) ...


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Saviez-vous que... ?

En janvier 1904, la Préfecture de police interdisait à la « Goulue » (Mme Louise Weber épouse Droxeler), dont la ménagerie était installée boulevard Kellermann, de continuer ses exercices, tant qu'elle n'aurait pas procédé aux réparations qui lui avaient été prescrites. La sécurité des cages n'était pas, paraît-il, suffisante.

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En 1882, l'ouverture de la rue de Tolbiac entre le carrefour des avenues de Choisy et d'Ivry et le carrefour de la rue Domrémy était achevée.

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La gare de Paris-Gobelins a été mise en service le 15 mai 1903. Elle le demeura jusqu'en 1991. Son ouverture eut pour effet de doter Paris d'une nouvelle porte car il y avait encore un octroi à Paris et la gare des Gobelins était un point d'entrée et de sortie.

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C’est en 1884 que l’on décida de donner le nom de Martin-Bernard, né à Montbrison le 17 septembre 1808 et mort à Paris le 22 octobre 1883, dans la maison de santé Dubois où il résidait, à la voie nouvelle en construction reliant la nouvelle rue Bobillot à la rue de Tolbiac.
Opposant politique du second empire, il fut élu député de la Seine en févier 1871 et ne participa pas à la Commune. Aucun aspect de sa vie ne paraît le rattacher au 13e arrondissement.
La voie qui allait devenir la rue Huygens dans le 14e face du cimetière du Montparnasse où il repose, fut un temps évoquée pour honorer sa mémoire.

L'image du jour

L'image du jour
Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte

HISTOIRE DES QUARTIERS

  • La Salpêtrière
  • La Gare
  • Maison Blanche
  • Croulebarbe

ACCES PAR NOM

  • Nomenclature des rues
  • Liste des auteurs

LES DRAMES DU 13e

  • Le drame de la rue Albert
  • Le drame de la rue de l'Espérance
  • Le drame de la rue Vandrezanne
  • Le drame du quartier de la Gare
  • Un drame du terme
  • Tous les drames...

LE TREIZIÈME AVANT LE 13e

  • Le Petit-Gentilly (1820)
  • De la difficulté d’être le treizième arrondissement
  • La bergère d'Ivry (1827)
  • L'abattoir de Villejuif (1812)
  • Sommaire complet

LE TREIZIÈME EN 1860

  • Notice administrative, historique et municipale sur le XIIIe Arrondissement par Ph. Doré fils

ACCÈS THÉMATIQUES

  • L'aménagement du 13e
  • Les grandes voies du 13e
  • La petite ceinture dans le 13e
  • Le Métropolitain dans le 13e
  • Les tramways dans le 13e
  • La gare d'Austerlitz
  • Le puits artésien de la Butte-aux-Cailles
  • La place d'Italie
  • La cité Doré
  • La cité Jeanne d'Arc
  • Le passage Moret
  • L'asile Nicolas-Flamel
  • Les hôpitaux de la Pitié et de la Salpêtrière
  • Les fouilles archéologiques dans le 13e
  • Le Siège de Paris (1870-71)
  • Le 13e sous la Commune
  • La catastrophe de la rue de Tolbiac (20 oct. 1915)
  • Le jardin des Gobelins
  • La manufacture des Gobelins
  • La "Folie Neubourg"
  • Le marché aux chevaux
  • Les grandes eaux du boulevard Kellermann
  • Ateliers, fabriques et petits métiers du XIIIe
  • Chiffons et chiffonniers
  • Bals de Paris, bals de barrière, cabarets, bouges et assommoirs
  • L'épidémie de la Maison-Blanche (1890)
  • Les étrangleurs des Gobelins
  • Sur les communes limitrophes
  • La zone dans le 13e

VIDÉOS

  • Auguste Lançon et le 13e
  • Marville, la rue de Tolbiac
  • Quai de la Gare, janvier 1910
  • La place Nationale
  • Le marché aux chevaux

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Les feuilletons de paris-treizieme.fr

  • Assassins !!!
  • Le cadavre de la Maison-Blanche

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