Les grands travaux de l’édilité parisienne - 1877

Les grands travaux de l’édilité parisienne

La Lanterne — 8 décembre 1877

Dans le quatorzième arrondissement (Montrouge), toute la partie comprise entre l'avenue d'Orléans, la route stratégique et la rue de la Glacière est un immense chantier qui va bientôt disparaître, les travaux étant sur le point d'être achevés. Commencés il y a près de dix ans, ces travaux avaient été presque aussitôt suspendus, faute d'argent.

La rue d'Alésia est achevée, le square Montsouris est complètement dessiné, et l'on rectifie les abords de l'avenue Reille, de la rue Nansouty, etc.

Or, dans cette région mouvementée, où l'on ne trouve que mamelons et fondrières, où l'on ne voit que creux et bosses, de pareilles entreprises sont très compliquées.

La rue d'Alésia, section de la grande voie de transit qui doit traverser toute la zone annexée de la rive gauche de Paris-Grenelle jusqu'à la gare d'Ivry, était décrétée depuis bien longtemps ; néanmoins, on n'en avait encore exécuté que le petit tronçon qui confine à l'hospice Sainte-Anne. Maintenant, le parc de Montsouris, avec son palais tunisien, n'est plus relégué dans un pays perdu.

Dans le XIIIe arrondissement, quartier de la Butte-aux-Cailles, c'est toujours de la grande voie de transit que l'on s'occupe. Mais ici, elle change de nom, c'est rue de Tolbiac qu'on l'appelle : de l’époque gallo-romaine, nous passons au règne de Clovis.

La rue de Tolbiac parcourt tout l'arrondissement et devra aboutir au pont qui sera jeté entre celui de Bercy et le pont National. La voie file à mi-côte sur le versant oriental de la Butte-aux-Cailles, comme une terrasse établie au-dessus de la vallée au moyen de remblais.

Le franchissement de la Bièvre à la Glacière. Dans le fond, le pont de la ligne de Sceaux et l'église Saint-Pierre de Montrouge.
Source : © Charles Marville / BHVP / Roger-Viollet

De plus, on y construit deux ponts : l'un au-dessus du défilé par où la Bièvre s'échappe des bas-fonds de la Glacière, et l'autre au-dessus de la rue du Moulin-des-Prés. En attendant, il a fallu établir une passerelle en charpente, longue de 80 mètres et assez solide pour permettre aux wagons et à la machine de courir dessus. Avant de construire les culées du pont définitif, on a détourné la Bièvre au moyen d’une énorme conduite en fonte, et dans son lit mis à sec, on a foré des puits afin de reconnaître les qualités du sous-sol où sont établies les basses œuvres.

La voute passant au-dessus de la rue du Moulin des Prés. Au fond, le puits artésien de la Butte-aux-Cailles

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